go

Recherche avancée

Accueil

Accueil >> Industries  >> Économie  >> Détail d'article

Faut-il freiner les prises de contrôle étrangères?


La perte d'Alcan à Rio Tinto soulève encore la polémique. Photo: lesaffaires.tv

Charles Sirois pense qu’un propriétaire étranger ne se comporte pas comme un propriétaire local, alors que Jean-Luc Landry met l’accent sur l’activité économique, quel que soit le propriétaire.

Ils étaient les deux invités de l’Institut Économique de Montréal pour un débat, qui eu lieu mardi, sur les prises de contrôle des entreprises canadiennes par des sociétés étrangères.

Pour Charles Sirois, président et chef de la direction de Télésystèmes, les politiques devraient viser à promouvoir le statut de propriétaire local.

Il fait une distinction nette entre le propriétaire d’entreprise et l’investisseur. L’un voit à long terme, l’autre vise le rendement à court terme. L’un a mis toutes ses billes dans l’entreprise, l’autre n’envisage son placement que comme un élément parmi tant d’autres dans une stratégie de portefeuille. L’un est attaché au terroir, l’autre pas.

Par conséquent, il est en faveur de politiques qui viseraient à promouvoir et valoriser le statut et le développement des propriétaires. Il suggère l’adoption de droits de vote multiples dans les entreprises; les placements des propriétaires auraient alors plus de poids que ceux des investisseurs à court terme. Il suggère aussi de consolider les efforts en faveur de la création d’entreprise qui permettront l’émergence d’une nouvelle génération de propriétaires.

Résolument libéral, Jean-Luc Landry, directeur de Landry Morin Inc, s’oppose à toute forme d’interventionnisme d’État. Il ne croit pas que les propriétaires soient plus efficients que les investisseurs. Cependant, il pense que les entreprises efficientes sont un atout pour une économie.

Jean-Luc Landry s’inquiète des critiques de plus en plus virulentes des Canadiens sur les prises de contrôle étrangères. «On risque un retour à une forme de protectionnisme qui est néfaste pour l’économie», soutient-il.

Il cite à cet égard les intentions affichées des deux candidats démocrates à la présidence des États-Unis qui remettent en cause les accord des libre échange de l’Amérique du Nord, alors que ces accords ont favorisé la croissance économique. À son avis, il est primordial de ne pas laisser pourrir le débat afin de ne pas en arriver à ce type de conclusion.

«Il est beaucoup mieux que les entreprises demeurent canadiennes mais quand on tente d’empêcher les prises de contrôle, on voit que le modèle ne fonctionne pas», dit Jean-Luc Landry. S’il admet que certaines politiques ont pu marcher dans certains pays, il pense qu’au Canada, c’est le modèle d’ouverture et de libre-échange nord-américain qui convient le mieux.

Charles Sirois et Jean-Luc Landry se rejoignent cependant sur un point : l’intervention de l’État pour interdire ou limiter les prises de contrôle de sociétés canadiennes par les étrangers est mal avisée.

Visionnez l'entrevue réalisée par LesAffaires.TV avec Jean-Luc Landry et Charles Sirois.


Visionnez d'autres vidéos sur www.lesaffaires.tv

Publicité

les affaires.tv

Publicité
Publicité

Liens commerciaux