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L'entente avec Irving signale un nouveau modèle de partenariat avec les pétrolières
Imaginez une sorte de tente couverte installée au milieu d’un immense entrepôt qui fourmille d’activité… C’est là, à Laval, que la haute direction d’Alimentation Couche-Tard a choisi de rencontrer quelques journalistes des États-Unis, de l’Ontario et du Québec (dont le représentant de lesaffaires.com) pour expliquer le détail de la toute dernière transaction de l’entreprise, de même que la stratégie qu’elle entend suivre.
Alimentation Couche-Tard vient donc de franchir le cap des 6 000 dépanneurs avec l’addition de 252 magasins, autrefois exploités par Irving.
L’annonce en a été faite par le président directeur général de l’entreprise, Alain Bouchard. Couche-Tard ajoute ainsi 252 magasins à son réseau, mais ne les achète pas en propre. Irving demeure propriétaire des bâtiments, continue de fournir l’essence, mais cède les équipements. Couche-Tard signe aussi une entente à long terme pour l’exploitation des commerces.
« Pour une mise de fonds d’à peine 20 millions de dollars, nous renforçons notre présence dans le Nord-est du continent, a dit le chef de la direction financière, Richard Fortin, qui s’attend à un retour sur l’investissement de 20 à 25 %.
Un peu plus de la moitié des dépanneurs touchés par cette transaction se trouvent dans les provinces de l’Atlantique. Les autres sont situés en Nouvelle-Angleterre. L’accord prévoit que les deux parties se partagent les revenus nets d’exploitation.
Pour Alain Bouchard, il faut s’attendre à ce que les pétrolières qui possèdent de tels magasins d’accommodation se retirent de plus en plus du commerce de détail pour ne conserver que l’approvisionnement en carburant. Couche-Tard est évidemment intéressé à conclure d’autres ententes de la sorte. Par ailleurs, M. Bouchard a indiqué qu’il serait preneur des quelques centaines de dépanneurs que l’américaine ConocoPhillips entend mettre en vente d’ici l’été… si le prix demandé lui convient. Il entend suivre son plan de match qui prévoit l’addition de 200 à 300 dépanneurs par année.
Cette annonce survient quelques jours après qu’on ait appris que Couche-Tard se soit entendu avec un partenaire du Viet Nam pour y déployer sa bannière Circle K. L’entreprise est déjà présente en Asie, notamment en Chine et en Indonésie.
Malgré cet essor, le titre de Couche-Tard a été mis à mal depuis un an. L’action de catégorie B a perdu plus de 33 % de sa valeur, passant de 24 $ à moins de 15 $ cette semaine. Richard Fortin attribue une partie de cette dégringolade à l’entaille faite par le taux de change défavorable (Couche-Tard publie maintenant ses résultats en dollars américains), mais il soutient que la marge bénéficiaire sur l’essence n’est pas en cause, puisque les variations à la hausse ou à la baisse ont tendance à se neutraliser, selon lui.
En tout cas, l’annonce de jeudi semble avoir été bien reçue par les marchés, puisque l’action de catégorie B a terminé la journée en hausse de 0,59 $, ou 4 %, à 15,60 $.
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