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Les biotechs en pleine crise financière


Au Canada, il devient de plus en plus difficile d'attirer des investisseurs dans le secteur des biotechs. Photo : Bloomberg.

La biotechnologie canadienne est en pleine crise financière. Sa capitalisation boursière a chuté de 26% en 2007, le financement destiné aux sociétés a reculé de 900 millions de dollars américains et le nombre de sociétés du secteur a diminué de 14% à la suite de fusions-acquisitions.

C’est du moins ce qui ressort d’une étude d’Ernst & Young portant sur le financement mondial de la biotechnologie. «Au Canada, il devient de plus en plus difficile d'attirer des investisseurs dans ce secteur», dit Sylvain Boucher, associé du groupe Marchés de croissance et en émergence d'Ernst & Young.

À première vue, le secteur canadien de la biotechnologie semblait poursuivre sur sa lancée de la décennie précédente. En 2007, les sociétés ont généré des revenus de 2,7 milliards de dollars américains et attiré des capitaux de plus de 1 milliard de dollars américains. Cependant, plusieurs faits permettent à Ernst & Young de sonner l’alarme…

Un seul Pape en 2007

Ainsi, le repli de la capitalisation boursière compte parmi les tendances les plus marquées. Un exemple : il n'y a eu qu'un seul Premier appel public à l'épargne (Pape) au Canada en 2007. De plus, les sociétés ouvertes sont souvent forcées de former des partenariats pour leurs médicaments prématurément, ou à une valeur inférieure à la valeur optimale, parce qu'elles ont du mal à financer les essais cliniques coûteux, selon Ernst & Young.

«Sans un solide marché public disposé à investir dans les actions des sociétés de biotechnologie, poursuit M. Boucher, le financement par capital de risque sera limité à une poignée de sociétés fermées prospères. Et le réservoir de ces sociétés risque fort de diminuer à mesure que celles-ci se tournent vers l'étranger pour trouver du financement.»

Du coup, Ernst & Young suggère quelques pistes à étudier de près pour enrayer la tendance :
- les actions accréditives pourraient être une bonne option
pour le secteur;
- tout comme les crédits d'impôt pour la recherche et le développement
remboursables offerts aux sociétés ouvertes;
- et les programmes de participation à du capital d'amorçage pour les entreprises en démarrage.

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Faits saillants du rapport

Voici quelques faits saillants du rapport Beyond Borders : Global Biotechnology Report 2008 :
- Augmentation minime des revenus de 1%
- Accroissement des dépenses de recherche et de développement de 12%;
- Alourdissement de la perte nette globale de 21%, passée de 594 à 722 millions de dollarsaméricains;
- Importante augmentation du financement par capital de risque des sociétés fermées en 2007, passé de 250 en 2006 à 353 millions de dollars américains en 2007, dont la moitié mobilisée au premier trimestre;
- Au Québec, accroissement du financement par capital de risque, passé de 88 en 2006 à 108 millions de dollars américains en 2007;
- Progression de la taille de l'opération moyenne d'un investissement en capital de risque de 4,9 à plus de 7,5 millions de dollars américains;
- Disparition de 64 sociétés dans le secteur qui en compte maintenant 404, dont 26 au Québec (dont le nombre de sociétés a été ramené de 137 à 111).

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