go

Recherche avancée

Accueil

Accueil >> Industries  >> Biotech & Pharma  >> Détail d'article

Le sang, un marché insoupçonné

  • Carole Le Hirez
  • 16 mai 2008

De nombreux défis attendent cette industrie prometteuse, dont le problème de la disponibilité du plasma sanguin. Photo: Photo.com

Dans l'avenir, la vie de millions de personnes dans le monde entier sera sauvée grâce aux médicaments à base de protéines. Mais l'attrait des protéines thérapeutiques fait grimper le prix de ce dérivé du sang.

Ces molécules, qui ciblent directement la cause de la maladie dans l'organisme, ouvrent la voie à une approche révolutionnaire de la médecine, comparable à celle introduite par Pasteur avec son vaccin contre la rage.

De nombreux défis attendent cependant cette industrie prometteuse : le financement de la recherche, la disponibilité du plasma sanguin dont on tire la matière première et le prix élevé des traitements ralentissent les progrès espérés.

Il faut savoir que le plasma humain contient de nombreuses protéines utilisées dans la fabrication d'une vingtaine de produits thérapeutiques.

Les usines de fractionnement de protéines plasmatiques traitent plus de 25 millions de litres de plasma chaque année à l'échelle mondiale, selon une étude faite en 2005 pour Héma-Québec. Le chiffre d'affaires du marché des protéines dérivées du plasma sanguin a atteint près de 5 milliards de dollars en 2005.

Usines de fractionnement

Parmi les protéines de plus grande valeur extraites du plasma figurent l'albumine, qui compte pour 28 % de ce marché et les gammaglobulines, qui représentent les deux tiers des ventes de produits du plasma.

Haemacure, de Montréal, extrait du plasma humain de la thrombine et deux protéines à la base de la fabrication de sa colle de fibrine, qui prévient les adhérences postopératoires. Thrombine et fibrine sont ses deux produits-vedettes.

"Avec le plasma humain, on élimine certains problèmes qui se présentent avec les produits bovins. C'est plus pur, plus sécuritaire", indique Joseph Galli, président de la direction d'Haemacure.

Comme beaucoup d'autres, l'entreprise s'approvisionne aux États-Unis. On compte environ 70 usines de fractionnement dans le monde. Les Américains sont au premier rang, avec une capacité de transformation moyenne de 1,1 million de litres par usine, selon le Marketing Research Bureau. L'Europe se classe en deuxième position, et l'Asie ferme le trio de tête. Un litre de plasma permet l'extraction d'environ 60 grammes de protéines.

La croissance de la demande de protéines biopharmaceutiques crée une pression sur le plasma d'origine humaine, dont la disponibilité est limitée en raison de critères de sélection des donneurs de plus en plus stricts et des exigences resserrées quant aux méthodes de collecte et de dépistage.

"Au cours des dernières années, le prix du litre de plasma est passé de 125 à 200 $. Le marché devrait se stabiliser d'ici deux ans, car il y aura eu une consolidation de l'industrie. En 2010, le volume disponible devrait augmenter", prédit M. Galli.

Des coûts élevés

Il faut compter environ 18 mois pour faire accréditer un site de prélèvement par la Food and Drug Administration et autant pour accumuler des réserves de fonctionnement.

Le budget consacré aux produits dérivés du plasma au Canada s'élève à environ 274 millions par année et ne cesse d'augmenter. Même si le pays est autosuffisant en plasma aux fins de transfusion, il ne collecte qu'un tiers du plasma destiné au fractionnement dont il a besoin.

Chez Héma-Québec, le surplus de plasma non utilisé à des fins médicales est envoyé chez un fractionneur américain qui lui renvoie les protéines isolées. L'organisme couvre ainsi 20 % de ses besoins totaux en immunoglobulines et 75 % de ses besoins en albumine, des protéines notamment utilisés pour la recherche.

On compte une seule usine de fractionnement au Canada, à Winnipeg. Cette entreprise hyperspécialisée se consacre à une seule molécule, l'immunoglobuline anti-D, utilisée pour éviter certains types de fausses-couches.

"Construire une usine de fractionnement coûte très cher, de 1 à 2 milliards, dit Jean Lapierre, directeur, produits stables, d'Héma-Québec. Mais on assiste à une consolidation du secteur. Un nombre réduit d'acteurs produit des volumes de plus en plus importants. Cela devrait se refléter sur les prix."

Publicité

les affaires.tv

Publicité
Publicité

Liens commerciaux