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" Ai-je assez d'argent pour prendre ma retraite ? "
C'est une question qui cause bien des inquiétudes aux baby-boomers.
" Ils ont besoin de se faire rassurer, affirme Denis Boucher, vice-président principal au Groupe-conseil Aon. Ils ont épargné en vue de la retraite, mais ils ont un portrait en pièces détachées de leur situation. Ils cherchent à rendre le tout cohérent. "
Depuis plusieurs années, M. Boucher rencontre des travailleurs dans le cadre de cours de préparation à la retraite et d'éducation financière. Bien qu'ils soient mieux informés qu'avant, ils ne vivent pas moins d'incertitude face au risque de manquer d'argent. Et leur crainte se révèle parfois fondée.
Même si les baby-boomers peuvent envisager une meilleure retraite que leurs parents, plusieurs n'ont pas prévu de bas de laine, aussi petit soit-il.
Les membres de cette génération ne se sont pas tous enrichis au même niveau. Selon l'Institut de la statistique (ISQ), des catégories de personnes sont plus vulnérables que d'autres en matière de préparation à la retraite, soit les célibataires, les familles de sept personnes ou plus, les immigrants et les inactifs.
Certains ont aussi manqué de prévoyance. Même si la proportion de détenteurs de REER a monté en flèche ces dernières années, ils sont nombreux ceux qui n'ont pas accès à un régime de retraite privé. Selon un sondage de la Banque de Montréal, un baby-boomer sur cinq n'a pas mis d'argent de côté en prévision de sa retraite.
Les femmes de cette génération sont toutefois en meilleure position que leurs aînées face à la retraite.
" Comme elles ont été plus présentes sur le marché du travail, elles vont avoir un revenu plus élevé et surtout, être plus autonomes à la retraite " explique Hervé Gauthier, démographe à l'ISQ.
La meilleure stratégie de placement
Les baby-boomers qui ont été plutôt fourmi que cigale n'échappent pas aux questionnements.
" Ils veulent savoir s'ils ont une bonne stratégie de placement, explique M. Boucher. Ils sont conscients qu'une mauvaise décision peut avoir un impact important sur leur avenir financier. "
Ils se souviennent de l'éclatement de la bulle boursière au début des années 2000 et des récents scandales à la Norbourg qui ont fait plusieurs victimes.
" Ils cherchent de l'information dénuée de toute sollicitation, ajoute M. Boucher. Ils ont une idée des différentes stratégies qu'ils peuvent utiliser, mais ils ne sont pas toujours capables de savoir quelle est la meilleure pour eux. "
Pour combien de temps faire des réserves ? C'est une autre question qui les turlupine. Avec la retraite qui s'allonge et l'espérance de vie qui s'améliore, plusieurs futurs retraités craignent de survivre à leurs avoirs.
" Plusieurs sous-estiment leur espérance de vie ", affirme Jean-Claude Thériault, planificateur financier chez Dundee Services financiers.
La moitié des hommes de 65 ans atteindront 83 ans et 25 % pourrait se rendre jusqu'à 89 ans. Chez les femmes, la moitié devraient atteindre 86 ans, et le quart pourrait atteindre 92 ans.
" Il faut donc tenir compte de la possibilité de vivre plus longtemps qu'on ne l'imagine quand on planifie ses revenus de retraite ", dit M. Thériault.
Trouver la bonne recette
En matière de planification de la retraite, il y a des mythes à détruire, comme celui voulant qu'il faudrait disposer de 70 % de son revenu brut des cinq meilleures années pour maintenir son niveau de vie à la retraite.
" C'est un pourcentage qui ne convient pas à tous, affirme M. Boucher. Certainement pas à la personne qui en est à son troisième mariage et qui, à 58 ans, a encore de jeunes enfants à la maison. Il lui faudra sûrement plus d'argent qu'un autre à la retraite. "
" Les gens aimeraient qu'on leur donne la recette. Or, elle n'existe pas. Le scénario varie d'un cas à l'autre ", ajoute M. Boucher, qui a déjà agi comme président de l'Institut québécois de la planification financière (IQPF).
Besoin d'information
Les aspirants à la retraite ont également besoin d'être mieux informés sur le régime des rentes du Québec et autres régimes publics.
" Ils comprennent mal la façon de calculer le montant auquel ils auront droit et ne savent pas trop à quel moment ils pourront en bénéficier ", explique M. Boucher.
Ils ont une connaissance assez faible de certaines notions de fiscalité, comme le taux marginal d'imposition et le fractionnement du revenu entre conjoints. Or, en comprendre la mécanique aide à prendre de meilleures décisions, selon M. Boucher.