Samedi 04 juillet 2009

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Analyse: faut-il craindre la faillite de Nortel?

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Le ralentissement économique ayant assombri les perspectives d’une compagnie déjà en difficulté pourrait entrainer Nortel dans une saignée de liquidités. Certains pensent que sa solvabilité est en jeu.

Si des pertes de 3,5 milliards de l’équipementier en télécommunications Nortel au dernier trimestre ont surpris le marché, elles n’ont pas pris de court les analystes qui tablaient effectivement sur ces résultats. Ce qui inquiète davantage, ce sont les perspectives qui, du propre aveu de Nortel, se détériorent.

La compagnie dispose à ce jour de liquidités de 2,65 milliards de dollars. L’inconvénient est que ses opérations ne sont pas profitables. Si elle ne parvient pas à équilibrer ses coûts et ses revenus, les pertes éroderont irrémédiablement la trésorerie de la compagnie.

Tout repose donc sur la capacité de Nortel à ériger les barrières nécessaires pour protéger ses liquidités. La compagnie a annoncé mardi un plan de restructuration visant à réduire ses effectifs de 1300 postes. Cela suffira-t-il ?

Comment rembourser les obligations?

À la RBC, l’analyste Mark Sue n’en est pas convaincu. «Au rythme auquel Nortel épuise ses liquidités, la compagnie pourrait être insolvable quand elle devra rembourser ses obligations d’une valeur d’un milliard de dollars qui arrivent à échéance en 2011», pense Mark Sue.

Tous les analystes ne sont pas aussi pessimistes que Mark Sue. Chez Scotia Capital, l’analyste Gus Papageorgiou, les défis de Nortel en 2009 sont «sérieux». Il verrait bien les liquidités de la compagnie baisser à 1,9 milliards à la fin de 2009.

Chez UBS, l’analyste Nikos Theodospoulos stable sur des flux de trésorerie négatifs de 480 millions de dollars en 2009 et de 290 millions de dollars en 2010, soit un solde de 1,9 milliard de dollars à la fin de 2010.

Vente d'actifs

Une solution pour Nortel aurait été de vendre une partie de ses actifs pour retrouver sa solvabilité. La vente de l’activité de réseau metro éthernet est envisagée. «Mais comment négocier un prix intéressant quand tous les acheteurs potentiels savent que la compagnie est en détresse ?», s’interroge Mark Sue.

À défaut d’une aide de l’État ou d’une injection de capital de la part d’investisseurs externes, la survie de l’entreprise est en jeu. Mark Sue ramène sa cible à un an à zéro et ajoute que la faillite est une possibilité très réelle.

Chez UBS et chez Scotia Capital, les analystes ne sont pas prêts à aller aussi loin et placent leurs cibles à 1,10 dollars et 1,75 dollars respectivement.

Mais ils mettent en garde leurs clients. Nikos Theodospoulos d’UBS souligne la «faible visibilité» qui accompagne ses prévisions mais reste neutre sur le titre. Gus Papageorgiou met en exergue le risque élevé associé au titre et recommande d’éviter les actions de Nortel.

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