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La Banque TD a investi 10 milliards dans Fanny Mae et Freddie Mac. Photo: Bloomberg
Les déboires des sociétés de financement hypothécaires Fannie Mae (Federal National Mortgage Association) et Freddie Mac (Federal Home Loan Mortgage Corporation) ont engendré un vent de panique sur les actions des sociétés financières dans le monde. Les titres des banques canadiennes n’ont pas échappé à la débâcle.
En effet, l’indice du secteur financier canadien a plongé en deçà de son niveau, déjà très faible, connu le 17 mars dernier, juste avant le sauvetage de Bear Stearns.
Ce qui porte la baisse totale de la capitalisation des banques canadiennes à 73 milliards de dollars, soit 29 fois plus que les 2,5 milliards de dollars après impôts radiés depuis le début de la crise du crédit.
«Ceci voudrait dire que les banques prévoiraient des radiations supplémentaires de 62 milliards de dollars. Ce n’est tout simplement pas réaliste», affirme Kevin Choquette, analyste chez Scotia Capital.
Qui détient quoi?
Certes, les banques canadiennes détiennent des titres de Fannie Mae et de Freddie Mac. Selon Ian de Verteuil, analyste à BMO Marché des Capitaux, la banque TD en détiendrait pour un total de10 milliards de dollars, la BMO pour six milliards de dollars, la Banque Royale pour trois milliards de dollars, la CIBC et la Banque Scotia pour deux milliards de dollars chacune.
Ian de Verteuil pense que les actions de ces organismes sont «du bon argent», qu’il existe peu de risques sur leur liquidité, même si quelques baisses de valeur sont à prévoir.
En effet, Fannie Mae et Freddie Mac ne sont pas Bear Stearns. Bien qu’ils ne soient pas supportés ou financés par le gouvernement fédéral américain, les investisseurs jugent que ces organismes portent un risque plus faible, car implicitement garantis par l’État.
Crise de confiance
Pour Kevin Choquette de la Banque Scotia, la réaction des investisseurs n’est ni plus ni moins qu’un «vent de panique», voire une «crise de confiance» qui vient des États-Unis.
Sur le plan des fondamentaux, les analystes réitèrent leur appréciation positive des banques canadiennes. Leur taux de capitalisation s’élève à 9,5%, soit un taux supérieur celui des banques ailleurs dans le monde.
Ian de Verteuil pense que même la Banque TD, dont le ratio de capitalisation est le plus faible du marché, peut soutenir des éventuelles baisses de valeur sur ces placements dans Fanny Mae et Freddie Mac.
En ce qu’il s’agit du secteur immobilier en général Kevin Choquette rappelle que le marché canadien est sensiblement différent du marché américain. De plus, il souligne que les banques versent des dividendes de 2,6 fois supérieurs à ceux des autres compagnies cotées en bourse. Ces dividendes, dit-il, ne sont nullement menacés et pourraient même croître.
Dans ce contexte, c’est plus que jamais le moment «d’acheter agressivement les titres bancaires», pense Kevin Choquette.