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Diversifier efficacement ses placements. Photo: Bloomberg
Le développement des fonds négociés en Bourse (FNB) a révolutionné l'environnement de la gestion de portefeuilles pour les particuliers. Ces derniers peuvent gérer efficacement tout leur portefeuille grâce à ces fonds.
Par ce moyen, les investisseurs jouissent aujourd'hui d'une offre illimitée quant à la diversification sectorielle et géographique de leurs placements.
En plus, les FNB offrent la possibilité d'investir sur des marchés jusque-là inaccessibles, de prendre des positions à découvert, et même de faire profiter l'investisseur de l'effet de levier. Les FNB peuvent également fournir des outils de contrepartie pour protéger un portefeuille. Et le tout, à frais réduits.
Qu'est-ce qu'un FNB ?
Le FNB est une fiducie de fonds de placement dont les parts sont inscrites à la Bourse et se négocient comme une action. Par exemple, un investisseur peut acheter, par une simple transaction boursière, des parts dans une fiducie qui est une réplique de l'indice S&P/TSX 60 de la Bourse de Toronto. Négocié sous le symbole XIU, ce FNB varie tout au long de chaque séance boursière en fonction de l'indice.
Le XIU est le plus ancien et le plus gros en termes d'actif sous gestion de tous les FNB canadiens.
Quels sont les avantages des FNB ?
Comme ils sont des fonds indiciels, les FNB offrent une diversification instantanée.
Les FNB sont faciles à échanger en tout temps et ne rencontrent pas de problème de liquidité. Contrairement à un titre boursier qui peut ne pas avoir de cours acheteur ou vendeur à certains moments, les FNB peuvent être achetés et vendus en tout temps.
Il s'agit là d'un avantage marqué sur les fonds communs qui sont négociables uniquement au prix de clôture quotidien des marchés.
Ils comportent des frais peu élevés, compte tenu que leurs coûts d'administration et de gestion sont nettement inférieurs à ceux des fonds communs. Ces frais varient entre 0,10 % et 0,75 %, contrairement à ceux des fonds communs, de 1,5 % à 3,5 %.
Ils permettent également de réduire les frais de commission. En effet, pour constituer un portefeuille d'actions diversifié, un investisseur doit acheter plusieurs titres différents et payer des commissions à chacune des transactions. Le même résultat peut être atteint par l'achat d'un nombre limité de FNB, réduisant ainsi les commissions à payer.
Comment se servir des FNB pour gérer son portefeuille
"La principale utilité des FNB est de réaliser le rendement d'une classe d'actifs", explique Hélène Gagné, gestionnaire de portefeuilles et associée chez PWL Capital. Le secteur des actions canadiennes à grande capitalisation en offre un bon exemple. En 2007, le rendement de l'indice S&P/TSX 60 a été principalement attribuable à sept titres parmi celui-ci. L'investisseur qui aurait effectué un choix sans inclure ces titres, n'aurait pas réalisé le rendement qu'a offert le secteur.
L'autre possibilité était d'acheter le FNB iShares S&P/TSX 60 (XIU). "Par une seule transaction, l'investisseur pouvait détenir une participation dans l'ensemble de l'indice", dit Mme Gagné.
Ainsi, les FNB servent parfaitement aux investisseurs dont l'objectif est de se bâtir un portefeuille à partir d'une combinaison de classes d'actifs.
Les FNB permettent également de réduire le risque grâce à la diversification. Étant des fonds représentant des indices ou des sous-indices, ils sont composés de plusieurs titres.
Par exemple, le fonds XFN de Barclays, qui porte sur le secteur financier canadien, est composé de toutes les banques et des principales compagnies d'assurance canadiennes. Les investisseurs sont donc protégés contre l'éventualité qu'une des banques sous-performe par rapport à l'ensemble du secteur.
"Les FNB représentent d'excellents outils pour se donner une diversification internationale", explique Luc Grenier, gestionnaire de portefeuilles à l'Industrielle Alliance. L'investisseur canadien attiré par le potentiel économique de certaines régions de la planète trouvera un FNB qui lui permettra d'être rapidement exposé aux indices globaux ou sectoriels de ces régions.
Les FNB peuvent aussi aider l'investisseur à gérer la tranche à revenu fixe de son portefeuille. En effet, il existe des FNB liés aux indices obligataires canadiens, américains et internationaux. Et leurs frais sont avantageux.
"Les commissions à payer sur les achats d'obligations individuelles sont souvent élevées. Les FNB d'obligations permettent aux investisseurs d'obtenir le prix institutionnel", dit Hélène Gagné.
Les FNB permettent également aux investisseurs d'appliquer par une seule transaction une stratégie sur un secteur spécifique du marché, explique Ismaël Chiadmi, vice-président et directeur de la gestion quantitative chez Montrusco Bolton.
Par exemple, l'investisseur qui prévoit une hausse du prix de l'or peut acheter un FNB qui s'appréciera dans la même proportion que le prix de l'or.
De plus, les FNB sont avantageux sur le plan fiscal. Comme la plupart sont des fonds indiciels, ils versent peu de distributions de gains en capital car leurs gestionnaires effectuent peu de transactions entraînant des gains.
Des stratégies qui permettent de récolter des remboursements d'impôt sont possibles, dit Hélène Gagné. L'investisseur peut vendre un FNB lui faisant enregistrer une perte afin de compenser un gain réalisé grâce à un autre placement, réduisant ainsi l'impact fiscal.
Chaque position peut être immédiatement réinvestie dans un autre FNB affichant les mêmes caractéristiques afin d'assurer que l'actif soit investi en fonction de la même répartition qu'à l'origine.
Enfin, comme les FNB reproduisent généralement le comportement d'indices de marché, les investisseurs ne risquent pas d'être victimes d'un gestionnaire qui déborde de son mandat, par exemple le gestionnaire d'un fonds de style "valeur" qui détient des actions de style "croissance".
Les fonds bear et les fonds à levier
Depuis un an sont apparus des FNB qui reproduisent l'inverse de la performance des indices sous-jacents. La famille de fonds Horizon BetaPro offre, autant au Canada qu'aux États-Unis, des FNB dont le prix augmentera si la valeur de l'indice sous-jacent baisse.
De plus, ces FNB peuvent comporter un effet de levier, c'est-à-dire que la variation de la valeur du fonds sera le double de celle de l'indice.
Ces fonds répondent à deux principaux objectifs, explique Philip Lee, analyste chez Morningstar. D'abord, ils sont d'excellents instruments spéculatifs.
Par exemple, l'individu désirant spéculer sur le prix du pétrole peut acheter le Nymex Crude Oil Bull Plus (Tor., HOU) pour miser sur une hausse du prix, ou le Nymex Crude Oil Bear Plus (Tor., HOD) s'il prévoit que le cours de l'or noir diminuera.
Le prix du Nymex Crude Oil Bear a diminué de 60 % au cours de la dernière année, passant de 25 $ à environ 10 $.
Chacun de ces fonds variera du double de la variation du prix du pétrole à chaque jour.
"Ces fonds sont également d'une grande utilité pour l'investisseur désireux de se prémunir contre la baisse d'un secteur de marché spécifique", suggère Philip Lee.
Par exemple, l'investisseur détenant un fonds d'actions canadiennes est exposé aux fluctuations du secteur financier, car ce dernier représente plus de 30 % de l'indice boursier canadien. Tout en conservant son fonds d'actions canadiennes, l'investisseur peut atténuer ce risque en achetant le FNB S&P/TSX Capped Financials Bear Plus (Tor., HFD).
"Grâce aux fonds à levier et aux fonds bear, les fonds négociés en Bourse couvrent toute la gamme des produits nécessaires à l'investisseur", dit Larry Berman, cofondateur d'ETF Capital Management, une société de gestion de portefeuilles qui utilise uniquement des FNB.
"Ces fonds permettent de naviguer sur les marchés internationaux sans devoir assumer les frais exorbitants de la recherche et de la négociation nécessaires pour bâtir des portefeuilles de titres comparables", dit-il.
UNE CROISSANCE MÉTÉORIQUE
Au 31 mars 2008, le nombre de fonds négociés en Bourse (FNB) dans le monde atteignait 1 280, selon une étude de Morgan Stanley. Il n'y en avait que 33 en 1999. Ces fonds se négocient sur 42 places boursières. Les actifs sous gestion totalisaient 760 milliards de dollars (G$ US - dans ce texte, toutes les sommes sont en dollars américains) à cette même date. C'est près de 20 fois plus que les 39 milliards en 1999.
À l'origine, les FNB portaient principalement sur des indices et sous-indices boursiers, mais leur champ d'activité est maintenant beaucoup plus large. Les marchés des devises, des métaux précieux, des matières premières et des ressources sont maintenant tous couverts.
C'est aux États-Unis qu'on retrouve le plus grand nombre de FNB, soit 612. Les actifs sous gestion sont de 534 G$. L'Europe compte 479 FNB totalisant 145 G$ sous gestion. Le volume de transactions explose. Depuis le début de l'année, il a bondi de 53 %. Pour le premier trimestre de 2008, il s'est échangé en moyenne 1,8 milliard de parts pour une valeur de 96 G$ chaque jour. Plus de 2 200 investisseurs institutionnels reconnaissent utiliser au moins un FNB dans la gestion de leurs portefeuilles.
Origine
Les premiers FNB ont été créés au Canada, en 1989 avec le lancement des TIPS à la Bourse de Toronto. Il s'agissait de parts sur l'indice TSX 35, très populaire à l'époque.
Ce n'est qu'en 1993 que Standard & Poor's a créé ses certificats de titres, communément appelés SPDR, qui sont négociés à l'American Stock Exchange. Au fil des ans, ils sont devenus les FNB américains les plus populaires. Mais c'est en 1999 que le développement s'est accéléré, lorsque Barclays Global Investors (BGI) a lancé une famille de FNB américains couvrant la plupart des catégories d'actifs reconnus.
Barclays est aujourd'hui le plus gros joueur au monde sur le marché des FNB avec 328 fonds et des actifs sous gestion de 370 G$. Trois familles de fonds - Barclays, Claymore Investments et BetaPro Management - se partagent le marché canadien qui compte 61 fonds et des actifs sous gestion de 16,5 G$.