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Analyse : CGI peut-il résister au ralentissement américain?

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L'ambition de Michael Roach: doubler la taille de CGI. Photo: lesaffaires.tv

Le président et chef de la direction de CGI, Michael Roach affirmait en février dernier que son groupe résisterait au ralentissement économique nord-américain en 2008. Y parviendra-t-il?

L’impact du ralentissement économique sur les profits des entreprises est pour le moins incertain. Ainsi aura-t-on vu au premier trimestre des entreprises telles que General Electric plier l’échine, alors que Wal-Mart ou Google repartaient en hausse.

Dans le secteur de l’impartition et des services informatiques, la tendance reste encore à être déterminée. En février dernier, Michael Roach disait ne pas voir d’affaiblissement de la demande pour les produits et services tant dans le domaine de l’informatique que de l’impartition.

«Les entreprises continuent d’investir massivement dans la technologie pour améliorer leurs systèmes et leur efficience. Il y a déjà huit années écoulées après le passage à l’an 2000. Les systèmes informatiques ont pris un coup de vieux », ajoutait-il.

L'Amérique du Nord ralentit

Cependant, une étude de TPI, une société de conseil qui se spécialise dans le conseil en impartition et services informatiques, donne un aperçu différent de la conjoncture dans ce secteur. Si l’activité reste dynamique en Europe et en Asie, TPI relève un ralentissement marqué sur le territoire nord-américain.

Selon l'étude de TPI, les entreprises d’Amérique du Nord auraient modifié leur comportement d'achat de services. «La valeur moyenne des contrats d’impartition a baissé de 50% d’environ 206 millions de dollars en 2003 à 100 millions de dollars en 2008. De plus, la durée moyenne des contrats en Amérique du Nord passée pour la première fois sous la barre de cinq ans», révèle l’étude de TPI. Cette société estime que la croissance du marché de l’impartition en Amérique du Nord serait de 2,9% pour 2008.

«Ceci démontre que CGI doit conjuguer avec un environnement commercial difficile», commente l’analyste Paul Steep de Scotia Capital. Auquel s’ajoute l’impact d’un dollar canadien qui s’est apprécié par rapport au dollar américain. Cet analyste ne table donc que sur une progression «dans la fourchette inférieure des unités» pour le chiffre d’affaires de CGI au premier trimestre de 2008. Cependant, il estime que CGI maintiendra ses bénéfices grâce à des efforts de maîtrise des coûts.

Des acquisitions?

Par conséquent, Paul Steep s’attend à ce que CGI annonce, lors de la publication des résultats du premier trimestre au 30 avril prochain, un chiffre d’affaires de 964 millions de dollars et un bénéfice par action de 20 cents au premier trimestre. Les autres analystes s’attendent en moyenne à un chiffre d’affaires de 961 millions de dollars et à un bénéfice par action de 21 cents.

Malgré les difficultés conjoncturelles, ce ralentissement pourrait bénéficier aux perspectives à long terme de CGI. En effet, le contexte est propice aux acquisitions et Michael Roach a affiché son ambition de doubler la taille de CGI. Cependant, à ce jour aucune acquisition majeure n’a été annoncée.

Ce qui fait dire à l’analyste Paul Steep que, si CGI n’a pas trouvée de cible attrayante, la compagnie envisagera sans doute d’employer ses liquidités au rachat de ses propres actions plutôt qu’aux acquisitions, ce qui soutiendra le prix de l’action.

Sa cible à un an pour CGI est de 12 dollars avec une recommandation de performance équivalente à celle du secteur.

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