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Analyse: la Fed n’est pas au bout de ses peines


Des baisses moins brutales à venir. Photo: Bloomberg

Des baisses de taux de 75 points de base pour les fonds fédéraux et pour les taux d’escompte ne marquent pas la fin du cycle de relance monétaire, pensent les économistes.

Lorsque le communiqué de la Réserve fédérale précise, comme elle l’a fait mardi, qu’elle est prête à «agir en temps voulu pour soutenir la croissance et maîtriser l’inflation», peu de doutes subsistent, aux yeux des économistes, sur de nouvelles baisses de taux d’intérêt.

En effet, la Fed a pris le soin de mettre l’accent sur le ralentissement généralisé de l’économie et sur les pressions auxquelles sont soumis les marchés financiers. «L’accès au crédit est paralysé et l’économie continue de glisser», commente Charmaine Buskas, stratège chez TD Securities, «l’économie va toucher le fond et tout ce que peut faire la Fed est de lui préparer un atterrissage en douceur».

Dans ce contexte, «on peut s’attendre non seulement à des baisses de taux d’intérêt mais aussi à assouplissements visant à promouvoir la liquidité», relève Dawn Desjardins, économiste à la RBC.

Changement de cap

En effet, les baisses de taux, à elles seules, ne suffisent pas à résoudre les difficultés d’accès au crédit. Car les banques, soucieuses de maintenir des ratios de capital adéquat, ont relevé leurs prix pour les prêts risqués.

En choisissant des mesures portées sur le refinancement bancaire, la Réserve fédérale tente d’attaquer le problème d’un angle différent. Elle joue sur la liquidité plutôt que sur les taux d’intérêts.

Ayant ainsi réorienté sa politique, la Fed remet aussi, et c’est nouveau, les projecteurs sur l’inflation. Deux de ses gouverneurs ont voté contre les baisses de taux, jugeant l’impact trop risqué pour le niveau des prix aux États-Unis.

Le retour de l’inflation dans l’équation monétaire changera quelque peu la donne. «Même si l’économie ralentira davantage, les mesures de relance monétaire pourraient être plus équilibrées dans les prochains mois», pense Sherry Cooper, économiste en chef à la BMO.

Revenir à l'essentiel

Pour Peter Rozenberg, analyste chez UBS, pense que les mesures monétaires finiront par porter leurs fruits. Cependant, dans l’attente, ce qui pourrait desservir mieux l’économie américaine, ce sont les mesures s’attaquant au noyau dur de la crise : le marché immobilier.

À son avis, des mesures de sauvetage ciblées sur les marchés hypothécaires pourraient se révéler leur seul frein efficace au déclin ininterrompu des prix des logements aux États-Unis et de leur conséquence sur le crédit bancaire dans son ensemble.

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