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Analyse : vents favorables pour CAE

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Forte demande pour les simulateurs de vol. Photo: lesaffaires.tv

L’entreprise montréalaise CAE, qui vend des simulateurs de vols et des formations pour pilotes, est une des valeurs sûres de la bourse de Toronto. Son carnet de commandes semble ignorer les turbulences.

CAE a présenté jeudi ses résultats pour le troisième trimestre de l’exercice 2008. Les analystes ont été agréablement surpris. Ils s’attendaient à ce que l’entreprise annonce un bénéfice trimestriel de 0,15 $ par action. CAE leur en présenté 0,16$.

Si les résultats sont bons, c’est que CAE surfe une vague de demande soutenue pour ses simulateurs de vols. La compagnie en a déjà livré 31 pour l’exercice et devrait aisément dépasser son objectif de 34 livraisons pour l’exercice 2008. Et la tendance ne semble pas ralentir.

«En janvier, Boeing et Airbus ont obtenu des commandes pour 301 avions commerciaux de grande capacité et en ont livré 71», relève Richard Stoneman, analyste chez Dundee Securities. Si les constructeurs livrent beaucoup d’avions, les livraisons de simulateurs de vols suivront.

Dans le secteur de la formation, les indicateurs sont également prometteurs. Les Américains mettent les bouchées doubles au niveau de la formation pour compenser la pénurie de pilotes. Selon la société Air Inc, on comptait 1 101 pilotes en formation en janvier alors qu’il n’y en avait que 867 en janvier dernier.

«Le cycle semble intact», ajoute Richard Stoneman qui pense que le secteur aéronautique connaît une cycle de croissance étendu. Benoit Poirier de Valeurs Mobilières Desjardins lui fait écho et pense que CAE peut encore compter sur «deux à trois bonnes années de ce cycle sectoriel».

La part moins cyclique de CAE est son secteur d’activité militaire qui, elle aussi, bénéficie de conditions de marché favorables. Les États-Unis ont revu à la hausse leurs budgets militaires, les avions de plus de dix ans deviennent obsolètes et devront être remplacés. En outre, sur certains appareils très spécifiques, les simulateurs de vol de CAE sont les seuls agréés par l’aviation militaire américaine.

Cette majorité d’indicateurs verts vaut à CAE des éloges en série de la part des analystes. Claude Proulx de BMO et Richard Stoneman de Dundee Securities la classent dans la catégorie «surperformant». Benoit Poirier de Valeurs Mobilières Desjardins, Tim James de TD Newcrest, Fadi Chamoun de UBS en recommandent l’achat.

Cependant, ces appréciations positives ne veulent pas dire que le titre CAE est à l’abri du risque. Si les fondamentaux de l’entreprise sont bons, ceux des marchés boursiers sont encore soumis à des incertitudes. «Le risque économique a cru», explique Fadi Chamoun de UBS, «s’il augmente davantage, les multiples d’évaluation des sociétés pourraient connaître de nouvelles compressions».

En effet, lorsque la bourse dans son ensemble est en baisse pour cause de récession, les investisseurs paient des multiples plus faibles pour les sociétés qu’ils acquièrent. Pourquoi consentir à des multiples plus élevés pour CAE alors que les autres placements se vendent à moins cher?

C’est donc ce qui incite Fadi Chamoun de UBS à un faire preuve d’un optimisme prudent. Malgré sa recommandation d’achat, sa cible à un an de 15$ est une des plus faibles de la place. Elle équivaut à celle de Tim James de TD Newcrest. L’analyste le plus optimiste est Richard Stoneman de Dundee Securities avec une cible de 17,10 $.
Claude Proulx de BMO a placé la sienne à 16 $ alors que Benoit Poirier de Valeurs Mobilières Desjardins mise sur 15,75 $.

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