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Analyse: exercice difficile en vue pour Indigo

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La chute du prix des livres au Canada et la perte des avantages fiscaux liés aux pertes antérieures brouillent les perspectives d'Indigo Books & Music

Au cours des derniers mois, la société torontoise a réduit de 5 à 30 % le prix de dizaines de milliers de livres afin de tenir compte de la poussée du huard.

Le recul des ventes et de la marge bénéficiaire découlant de cette stratégie amputera de 0,06 à 0,09 $ le bénéfice par action de l'exercice se terminant le 31 mars prochain, jugent Ryan Balgopal, de Scotia Capitaux, et Sara O'Brien, de RBC Marchés des capitaux. Selon les prévisions, Indigo engrangera alors un bénéfice par action de 1,60 à 1,62 $.

Chute du bénéfice
Les deux experts croient que le prochain exercice s'annonce tout aussi difficile, malgré l'optimisme des dirigeants.

" Le recul des prix de vente se poursuivra durant quelques trimestres ", écrit l'analyste de Scotia Capitaux.

De plus, Indigo ne pourra plus tirer profit de ses pertes fiscales accumulées, car elles seront réduites à néant d'ici mars 2009.

Ces facteurs feront fléchir de 30 % le bénéfice par action de l'exercice 2008-2009. Il devrait s'établir entre 1,11 et 1,15 $. Ce résultat laisse entrevoir un cours de 16 à 17 $ dans un an. Rappelons qu'en juin dernier, le titre a atteint un sommet historique de 17,88 $.

La présidente et chef de la direction, Heather Reisman, ne partage pas la prudence des analystes.

À son avis, la baisse des prix de vente aura un effet positif, car elle pense que le consommateur achètera plus de livres par visite.

La société mise également sur la popularité croissante de son programme de fidélisation, iRewards, qui accorde un rabais sur tout achat à ceux qui s'y abonnent - ils sont plus de 900 000 actuellement.

Indigo planche sur un nouveau concept de succursale, mais elle attise la frustration des analystes et des investisseurs en refusant de lever le voile sur les éléments de cette stratégie.

Mentionnons que l'époux de Mme Reisman, Gerald Schwartz, détient près de 70 % des actions d'Indigo par le truchement de deux sociétés de portefeuille.

Chef de file canadien
Depuis sa fusion avec Chapters en 2001, Indigo occupe le premier rang parmi les librairies au Canada.

Le réseau de 90 succursales de grande surface constitue l'épine dorsale de l'entreprise. Les trois enseignes de ce segment, Indigo Books Music & More, Chapters et World's Biggest Bookstore, affichent un chiffre d'affaires de 591 millions de dollars, soit 67,5 % des revenus de l'exercice terminé en mars 2007.

La superficie de ces grandes surfaces varie entre 13 000 et 67 000 pieds carrés. La taille dépend du bassin de population environnant et de la démographie. La société loue tous ses emplacements.

Indigo exploite aussi un réseau de 160 succursales de petite taille, dont un peu plus de 140 librairies Coles.

Ce segment d'activité représente 18 % du chiffre d'affaires, soit 157 millions de dollars. Ces succursales permettent de desservir une région affichant une faible densité de population.

Les succursales sont surtout situées dans des centres commerciaux locaux et quelques aéroports.

Les activités de vente en ligne de livres, de disques compacts et de DVD, de jouets et d'iPod ainsi que la participation de 50 % dans l'exploitant de kiosques de vente de calendriers Calendar Club of Canada, représentent près de 15 % du chiffre d'affaires.

Indigo possède un centre de distribution situé à Brampton, en Ontario, où transitent les produits provenant d'une centaine d'éditeurs.

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