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Analyse de titre: Investir à moindre risque dans l'uranium

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L'avenir de l'uranium semble prometteur, et Cameco le titre le plus sûr pour y investir. Mais des problèmes d'exploitation et l'incertitude quant à l'achat d'uranium secondaire modèrent l'enthousiasme des analystes.

Cameco est le numéro un mondial de l'industrie de l'uranium. Ses quatre mines, dont deux sont situées au Canada, produiront 20 millions de livres en 2007, soit 20 % de la production d'uranium mondiale. Cameco transforme et vend aussi 10 millions de livres provenant de tiers.

Cameco possède les plus grandes réserves prouvées et probables d'uranium du monde, de l'ordre 500 millions de livres, ainsi que des ressources de l'ordre de 400 millions de livres.

La chaîne de production de Cameco est complètement intégrée, de l'exploration minière jusqu'à la préparation du combustible nucléaire pour les utilisateurs, en passant par la production d'électricité à la centrale nucléaire ontarienne Bruce Power.

Toutefois, l'extraction et le traitement de l'uranium constituent des activités complexes et risquées.

Des problèmes de construction ont forcé Cameco à reporter l'exploitation du riche gisement de Cigar Lake, en Saskatchewan, de 2007 à 2011 au plus tôt.

Cameco a également subi des arrêts de production à son usine de transformation de l'uranium en gaz.

Enfin, la Russie vient de demander la révision du contrat de recyclage de son uranium militaire, qui procurait quelque 7 millions de livres d'uranium par année à Cameco, à un prix de 11 $ US la livre.

Une demande en forte croissance

La demande d'uranium pour la production d'énergie est en forte croissance. Cameco prévoit qu'il faudra 500 millions de livres de nouvelle production minière pour combler la croissance de la demande d'ici les 10 prochaines années.

Le prix de l'uranium au comptant s'établit actuellement à 90 $ US la livre, comparativement à 7 $ US la livre en 2000 et au sommet de 138 $ US la livre atteint en 2007.

Cameco ne profite pas entièrement de la hausse du prix au comptant de l'uranium puisque 40 % de sa production est vendue dans le cadre de contrats à long terme, à un prix prédéterminé.

Un titre relativement cher

En dépit d'un recul de 6,6 % de ses prévisions de production annuelle pour la période 2007-2011, Cameco veut quand même augmenter sa production annuelle de 80 % d'ici 2016.

Cet objectif de croissance, des perspectives favorables du marché de l'uranium, des flux monétaires importants et un bilan dont la dette nette ne représente que 5 % de l'avoir des actionnaires rendent toutefois son titre relativement cher.

Le marché paie présentement 29 fois le bénéfice par action de 1,57 $ prévu en 2007 et 22,4 fois ses fonds autogénérés de 2,17 $ l'action, estime Greg Barnes, analyste chez TD Newcrest.

L'analyste établit un cours cible de 49 $ sur un an et appose la recommandation " conserver ". Il explique sa tiédeur par les risques élevés liés à l'exploitation, à l'environnement et au marché, et par l'incertitude qui entoure l'exploitation de Cigar Lake.

" Nous éprouvons aussi de la difficulté à bien cerner le projet de croissance à long terme de Cameco ", dit M. Barnes.

Ian Howat, de la Financière Banque Nationale, vient de faire passer sa cible d'un an de 53,30 à 50,50 $ et a réduit sa recommandation de " surperformance " à " performance égale au secteur ", notamment en raison des problèmes de Cigar Lake et de la réouverture du contrat avec la Russie.

" Nous croyons qu'une partie de la valeur de Cameco, peut-être jusqu'à 2 $ l'action, sera transférée aux Russes ", précise M. Howat.

En dépit de toutes les incertitudes, Brian MacArthur, analyste chez UBS, a pour sa part relevé sa cible de 55 à 56 $.

" L'arrivée à échéance des anciens contrats à long terme permettra à Cameco d'obtenir de meilleurs prix ", soutient M. MacArthur.

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