go

Recherche avancée

Accueil

Accueil >> Industries  >> Aéronautique & Aérospatial  >> Détail d'article

Le CSeries a-t-il volé le show à Farnborough?

Pour en savoir plus

Symbole Dernier Variation

Les appareils de la CSeries ont suscité bien des discussions lors d'une édition marquée par les prix records du pétrole. Photo: Bombardier

«L'annonce du lancement de la CSeries de Bombardier a sans doute été la plus importante de ce salon, confie Adrian Schofield du magazine Aviation Week. Il n'y a qu'à voir: cela a forcé tous ses compétiteurs à se prononcer sur ce qu'ils allaient faire.»

Lancés en grande pompe dimanche, un jour avant l'ouverture officielle du salon aéronautique de Farnborough, les appareils de la CSeries ont effectivement suscité bien des discussions lors d'une édition marquée par les prix records du pétrole et les difficultés des compagnies aériennes américaines.

"Un nouvel avion comme celui-là, cela n'arrive qu'une fois tous les 20 ans au Québec. Alors, nous sommes très contents pour les gens de Bombardier et nous sommes ravis pour les gens de Montréal parce que l'assemblage va se faire à Mirabel", résume du côté québécois Gilles Labbé, président d'Héroux-Devtek, une compagnie qui a allongé son carnet de commandes au salon de Farnborough.

Les spécialistes de l'aviation ne semblaient guère s'inquiéter du fait que Bombardier ait lancé la CSeries en n'ayant qu'une lettre d'intention pour l'achat de 60 appareils. "Je crois les gens de Bombardier quand ils disent que leurs discussions sont bien avancées avec d'autres compagnies, affirme Adrian Schofield. Je ne crois pas que leur conseil d'administration aurait accepté d'aller de l'avant autrement."

Du côté de l'avionneur québécois, on assure que le pavillon dédié à la CSeries n'a pas dérougi. "On espère pouvoir confirmer dans les semaines et les mois à venir d'autres commandes. On a eu beaucoup d'intérêt de la part de nombreuses compagnies aériennes", dit Guy Hachey, président de Bombardier Aéronautique.

Comme d'autres, il a par contre noté la quasi-absence des compagnies aériennes américaines à cette 60e édition du salon de Farnborough. "J'imagine qu'il y en avait, mais on n'en a pas rencontré beaucoup. Elles se concentrent plutôt à se restructurer et à survivre", souligne-t-il.

Si les commandes d'avions d'affaires ont continué d'aller bon train, le président de Bombardier Aéronautique reconnaît que "du côté des avions commerciaux, il n'y a pas grand-chose qui s'est passé pour nous en Amérique du Nord. C'est un peu plus lent."

Cette année, ce sont plutôt les entreprises du Golfe et d'Asie qui ont volé la vedette. A elle seule, la jeune compagnie aérienne Etihad des Emirats arabes unis a commandé lundi 205 avions Boeing et Airbus pour un total de 43 milliards $. Mercredi, c'était au tour d'Asiana Airlines de Corée du Sud de faire les manchettes en signant un contrat de 7,2 milliards $ avec Airbus pour 30 appareils A350.

Quant aux compagnies québécoises, elles ont fort bien tiré leur épingle du jeu. Héroux-Devtek a décroché un important contrat pour des trains d'atterrissage avec l'éternel rival de Bombardier, Embraer. Elle a également signé une entente avec Bell Helicopter Textron pour la fabrication de pièces sur le nouveau Bell 429.

"On a rencontré tous nos clients, on a fait des progrès dans les discussions pour de nouveaux programmes, alors, c'est un excellent salon pour nous", confirme le président de la compagnie, Gilles Labbé.

Evidemment, avec le prix du pétrole qui atteint des sommets inégalés, la consommation des avions est devenue un des sujets chauds du salon. Pratt & Whitney espère d'ailleurs avoir marqué des points en dévoilant ses nouveaux moteurs PW800 et PW1000. Moins polluants, moins gourmands, ces nouveaux moteurs sont révolutionnaires, estime André Bellemare, président de Pratt & Whitney Canada.

Alors que les PW1000 seront installés sur les appareils de la CSeries, les PW800 seront construits au Canada, possiblement dans une nouvelle usine qui pourrait voir le jour à Mirabel, a-t-on appris à Farnborough.

La compagnie CMC Electronique a également fait parler d'elle en décrochant deux contrats pour les C-130J de Lockheed Martin. "Pour nous, c'est une excellente manière de se faire connaître dans le milieu militaire", a précisé Jean-Michel Comtois, vice-président chez CMC.

Cette nouvelle a évidemment ravi le ministre du Développement économique du Québec, Raymond Bachand. D'autant que ce dernier avoue qu'"il reste du travail à faire" avec Lockheed Martin pour obtenir des retombées des contrats militaires canadiens au Québec.

Avec l'annonce de la création de 3500 emplois au Québec pour l'assemblage final des appareils de la CSeries, le ministre tire évidemment des conclusions très positives de cette édition du salon de Farnborough.

"C'est le genre de nouvelle qui n'arrive qu'une fois par génération, se réjouit-il. Maintenant, le défi pour nos compagnies, c'est de faire passer le message aux jeunes qu'il s'agit d'une industrie où ils peuvent faire une belle carrière."

Publicité

les affaires.tv

Publicité
Publicité

Liens commerciaux