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À la Bourse de Toronto, on s'interroge sur le pari de Bombardier sur le CSeries. Photo : Bloomberg.
Le titre de Bombardier fait du yo-yo depuis ce matin, à la Bourse de Toronto. Il a pris 6%, à 7,50 dollars, en quelques minutes. Mais peu après, l'ardeur des investisseurs s'est tarie.
Analyse: le CSeries peut-il tenir ses promesses?
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En milieu d'après-midi, le titre de Bombardier avait tout juste progressé de 3%, à 7,30 dollars.
Globalement, le cours de l’action du constructeur aéronautique québécois est en progression depuis le début de l’année. Cela a commencé à partir du moment où la direction de Bombardier a donné des signes avant-coureurs d'un prochain lancement du programme CSeries. Le titre valait 4 dollars en janvier et près de 9 dollars en juin.
Cela étant, quelques bémols freinent les investisseurs actuellement.
Où sont les acheteurs ?
Ainsi, une seule offre ferme de 30 avions CSeries a été dévoilée pour l'instant, celle de Lufthansa, assortie d’une commande optionnelle de 30 autres avions. C’est trop peu pour garantir le succès du pari lancé par Bombardier.
Selon différents experts, il faudrait au minimum un total de 100 commandes fermes pour assurer le maintien du projet dans les années à venir. Un objectif plus raisonnable serait même un total de 200.
La semaine dernière, Jacques Kavafian, analyste chex Research Capital, avait soutenu que Bombardier pouvait compter sur cinq acheteurs et que des contrats pour un total de 200 avions avaient été conclus avec eux. Mais pour l’heure, cela ne s’est pas vérifié, ce qui peut en inquiéter plus d’un.
Des concurrents de taille
Autre bémol : Bombardier entre dans un nouveau marché pour lui, celui des appareils de 100-149 places bénéficiant d’une autonomie de vol de 4 000 km. Il empiète sur les plates-bandes de grands constructeurs tels Boeing et Airbus.
Et surtout, il se trouve maintenant en concurrence directe avec de nouveaux acteurs : les Russes de Sukhoi et les Japonais de Mitsubishi.
Le Superjet 100 de Sukhoi existe déjà et doit être dévoilé justement au Salon de Farnborough, en Angleterre, là où la direction de Bombardier a annoncé les couleurs.
D’ailleurs, le constructeur aéronautique russe ambitionne d'occuper à terme 15 à 17% du marché mondial des avions régionaux d’une centaine de places. C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui son pdg Mikhaïl Pogossian à l'hebdomadaire russe Expert.
«Nous ne devons pas céder à nos concurrents sur le marché des 100 places. Je pense qu'occuper 15 à 17% de ce marché est un objectif réalisable", a dit le pdg de Sukhoi.
Quant au MRJ de Mitsubishi, il doit, tout comme le CSeries, effectuer son premier vol commercial en 2013. Autre similitude : il utilisera le même moteur de Pratt & Whitney que celui du CSeries. Enfin, les Japonais ont déjà «volé» un client à Bombardier : All Nippon Airways, qui utilise des avions régionaux de Bombardier, a d’ores et déjà passé une commande ferme de 15 appareils MRJ…
À cela s’ajoute l’ambition de Bombardier - que certains peuvent considérer comme démesurée : le constructeur québécois entend ni plus ni moins accaparer 50% de ce créneau!