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«Bombardier a eu énormément de succès dans le domaine des avions d'affaires et des avions régionaux, maintenant pour nous, c'est notre entrée dans le domaine des avions de ''grandes lignes''. C'est une décision majeure pour notre entreprise», a reconnu le président de l'entreprise, Pierre Beaudoin, en annonçant hier le lancement des avions de la CSeries au salon de Farnborough.
Si les appareils de 100 à 149 places ne sont pas destinés au transport transatlantique, Bombardier empiète toutefois sur les plates-bandes de Boeing et d'Airbus en lançant ses nouveaux appareils qui possèdent une autonomie de vol de plus de 4000 km.
Selon les analyses de Bombardier, les livraisons mondiales d'appareils de 100 à 149 places devrait s'établir à 6300 au cours des 20 prochaines années. Ambitieux, l'avionneur québécois souhaite s'accaparer 50 pour cent du marché, même s'il reconnaît que la concurrence risque d'être féroce.
"Dans notre plan d'affaires, on a assumé beaucoup moins, nous avons été très conservateurs dans nos estimés parce que l'on s'attend à avoir de la compétition, à ce que d'autres compagnies voient l'importance de cette part du marché. Mais, on souhaite obtenir 50 pour cent du marché, c'est ce que l'on vise", a expliqué Guy Hachey, président de Bombardier aéronautique.
Le troisième avionneur mondial derrière Boeing et Airbus est convaincu que ses concurrents ont "mal adressé le segment des avions à cinq passagers de large, qui peuvent contenir de 110 à 130 passagers".
"Nous avons le meilleur produit sur le marché et nous sommes prêts à faire face à n'importe qui", a soutenu de son bord Gary Scott, un ancien de chez Boeing qui est aujourd'hui président de Bombardier avions commerciaux.
Mieux, selon un analyste québécois rencontré au salon aéronautique de Farnborough, il est fort probable que les gens de Bombardier veuillent proposer une version plus longue des appareils de la CSeries. "Ils pourrait étirer l'avion pour accueillir 160-170 passagers, d'ici deux ans", croit l'analyste.
Les différents modèles de la CSeries devraient entrer en concurrence avec l'appareil de 108 à 118 places lancé en 2004 par Embraer, ainsi qu'avec l'A319 d'Airbus (125 places) et les B-737-600 et 700 de Boeing (110-130 places). Ces deux derniers appareils ne sont toutefois pas considérés comme étant à la fine pointe de la technologie. Preuve que la bataille risque d'être rude, la compagnie Boeing a déjà prévenu plus tôt cette année qu'elle comptait "défendre son territoire". Il reste à voir si le fabricant américain et Airbus, qui ont tous deux connu des difficultés récemment, pourront se lancer dans une guerre supplémentaire.