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Le premier vol commercial du MRJ aura lieu en 2013, probablement en même temps que le CSeries. Photo : Mitsubishi.
C’est le 1er avril à Nagoya que Mitsubishi Heavy Industries va inaugurer les locaux de sa nouvelle filiale aéronautique, Mitsubishi Aircraft. Sa première mission va consister à lancer le MRJ, un avion régional susceptible de concurrencer ceux du canadien Bombardier et du brésilien Embraer.
Mitsubishi Heavy, leader de l’industrie lourde au Japon, se lance donc dans la course internationale aux petits avions. Pour l’heure, sa filiale aéronautique est forte de 200 employés et d’un capital de départ de 3 milliards de yens (30 millions de dollars) qui devrait rapidement s’élever à 100 milliards de yens (1 milliard de dollars), selon sa direction.
D’ores et déjà, la compagnie aérienne All Nippon Airways a passé une commande ferme de 15 avions MRJ, avec une option sur 10 autres. Le contrat s’élève à quelque 600 millions de dollars américains. De son côté, Japan Airlines a exprimé son intérêt pour une commande ultérieure.
Mitsubishi Aircraft table sur la vente d’un millier d’exemplaires du MRJ d’ici 20 ou 30 ans. Cela représenterait environ 20% des ventes mondiales d’avions régionaux prévues d’ici deux ou trois décennies.
Concurrent direct de Bombardier
Mitsubishi a tenu à s’entourer de partenaires financiers solides pour démarrer le projet. Ainsi, Toyota aurait pris une participation de 10% dans le MRJ, pour un investissement symbolique de 10 milliards de yens (100 millions de dollars). D’autres partenaires financiers sont Mitsui, Sumitomo et la Banque de Développement du Japon.
Mitsubishi Heavy a passé de longs mois à prospecter le marché avant de prendre sa décision. Elle a opté pour un avion régional pouvant transporter entre 70 et 90 passagers, sachant très bien que cela la ferait entrer en concurrence directe avec Bombardier et Embraer. D’ailleurs, All Nippon Airways utilise aujourd’hui des avions régionaux fabriqués par Bombardier. Et le moteur du futur MRJ sera mis au point par Pratt & Withney, partenaire régulier du constructeur canadien.
De plus, le premier vol commercial du futur MRJ est prévu pour 2013. Or, si Bombardier dit finalement «oui» d’ici la fin de l’année à son projet de Cseries, un avion régional un peu plus gros que le futur MRJ, le premier vol de celui-ci devrait survenir lui aussi en 2013…
Le MRJ se démarquera sur plusieurs plans technologiques. Par exemple, son moteur utilisera la technologie Geared Turbofan, faible consommatrice en carburant. Et sa structure intègrera une part importante de fibres de carbone, domaine dans lequel les Japonais ont de l’avance sur tout le monde : ce sont eux qui fabriquent les 35% du fuselage et des ailes du Boeing 787 Dreamliner qui sont faits en matériaux composites.
Là aussi, Mitsubishi a trouvé des partenaires réputés pour la construction du MRJ. Parmi eux figurent Parker Aerospace (systèmes hydrauliques), Hamilton Sundstrand (électricité), Rockwell Collins (avionique), Nabtesco (appareils de contrôle de vol) et Sumitomo (trains d’atterrissage).