" On ne retournerait jamais en ville "

Publié le 08/11/2008 à 00:00

" On ne retournerait jamais en ville "

Publié le 08/11/2008 à 00:00

Par Dominique Froment

Lui est natif de Dorval et elle, de Pierrefonds. Quand le jeune couple de banlieusards s'est lancé dans l'élevage de l'alpaga et a déménagé à Havelock, un canton de 800 âmes près de la frontière américaine, madame a eu cette réflexion savoureuse : " Comment va-t-on se faire livrer des mets chinois ici ? "

Le produit

L'élevage comptait 15 têtes au moment de notre visite. La PME récolte la laine de ses bêtes, la fait filer et fait tricoter par des femmes de la région différents articles comme des tuques, des bas, des foulards et des mitaines, qu'elle vend ensuite sa boutique à la ferme et par son site Internet.

Depuis deux ans, Alpagas des Hauts Vents a aussi revendu 12 bêtes.

Comme son cousin le lama, l'alpaga est originaire d'Amérique du Sud. Élevé pour sa laine et la reproduction, l'alpaga n'est pas agressif comme le lama, surtout utilisé comme moyen de transport.

La gestation de la femelle alpaga dure 11 mois et demi. Deux semaines après avoir mis bas, elle retombe enceinte presque immédiatement. Avec sa laine épaisse, l'alpaga s'accommode bien de nos hivers. Et il coûte une bouchée de pain à nourrir, c'est-à-dire deux balles de foin par mois et par animal, à 3 $ la balle.

Chaque alpaga adulte est tondu une fois par année et donne environ 5 kilos de laine, pour une valeur de 150 à 270 $ le kilo, une fois filée. La marge de profit sur les produits finis est encore meilleure.

La laine d'alpaga est trois fois plus chaude que la laine de mouton. Elle est hypoallergénique, offerte en 22 couleurs naturelles et presque aussi résistante que la soie.

Alpagas des Hauts Vents tire aussi des revenus des saillies (accouplements), et ses propriétaires projettent aussi d'en faire une ferme éducative.

Un conseil

" Il faut bien définir ses objectifs, recommande Sara Patenaude. Dans notre cas, par exemple, nous avions le choix entre une dizaine de façons de nous lancer dans l'élevage de l'alpaga. Certains le font à temps partiel, d'autres à temps plein, pour la laine ou pour revendre les bêtes, d'autres achètent des bêtes, les mettent en pension et les revendent, etc. Il faut savoir exactement ce que l'on veut faire. "

Ça a fonctionné comme prévu ?

" La vie à la campagne, c'est trois fois mieux que ce que nous pensions, affirme Jean-Yves Lalande. On ne retournerait jamais en ville. Le travail d'éleveur est plus facile que ce à quoi on s'attendait, et la vente de laine et de produits finis dépasse nos prévisions. Sara et moi avons tous deux une formation en gestion et marketing; on savait exactement dans quoi on s'embarquait. "

Comment l'idée leur est venue

En 2000, Jean-Yves Lalande travaille au service à la clientèle de Bell ExpressVu. Sara Patenaude, sa femme depuis 1999, est acheteuse pour Bombardier Transport. Depuis longtemps, le couple sait qu'il aura un jour sa propre entreprise.

" Pas trop exigente, parce qu'on a quatre enfants [de 6 mois à 7 ans] et qu'on veut passer du temps avec eux ", précise Mme Patenaude, 31 ans.

M. Lalande et Mme Patenaude achètent alors une maison à Vaudreuil, au milieu des champs, avec des agriculteurs comme voisins. Ils ont la piqûre pour l'agriculture. " On ne savait pas dans quoi se lancer, mais on savait qu'on n'avait pas les moyens d'acheter une ferme et qu'on ne voulait pas faire d'abattage ", raconte M. Lalande, 34 ans.

Par hasard, le couple entend parler de l'alpaga. Après un an de recherches sur Internet, les deux époux sont convaincus que leur rêve est réalisable. En 2005, ils emménagent dans l'ancien bureau de poste de Havelock, construit en 1892, créent Alpagas des Hauts Vents et achètent deux alpagas femelles en Saskatchewan et deux mâles en Ontario.

Le financement

Le couple Lalande-Patenaude n'a eu besoin que de 60 000 $ pour se lancer en affaires : quatre alpagas à 15 000 $ chacun. Des prêts personnels et l'avoir propre accumulé sur la maison de Vaudreuil ont suffi.

En plus, Alpagas des Hauts Vents a récemment reçu une subvention pour agriculture à temps partiel (M. Lalande a quitté Bell, mais Mme Patenaude est en congé de maternité de Bombardier) de la Financière agricole.

" Pour la sécurité de notre famille, on aimerait que l'un de nous deux fasse de l'élevage à temps plein et l'autre à temps partiel pendant quelques années ", explique M. Lalande.

Dans cinq ans ?

Dans cinq ans, Alpagas des Hauts Vents élèvera une centaine de bêtes sur des terres de plus de 50 acres.

" Jean-Yves et moi allons vivre surtout de la revente des bêtes, affirme Mme Patenaude. Mais dans 15 à 20 ans, quand il y aura davantage d'éleveurs d'alpagas, le prix des bêtes aura baissé. C'est pourquoi nous planifions notre développement de sorte à ce que nos enfants puissent vivre uniquement de la laine. "

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