Une guerre de crédits d'impôt s'engage entre les provinces

Publié le 15/08/2009 à 00:00

Une guerre de crédits d'impôt s'engage entre les provinces

Publié le 15/08/2009 à 00:00

Par Alain McKenna

L'annonce, faite le 6 juillet, qu'Ubisoft ouvrira un premier grand studio de jeu vidéo à Toronto relance la réflexion sur l'effet des crédits d'impôt offerts aux entreprises de cette industrie.

L'an dernier, le Canada a coiffé la Grande-Bretagne au troisième rang des pays producteurs de jeux vidéo, après les États-Unis et le Japon. Évaluée à 30 milliards de dollars, l'industrie canadienne s'est bâtie à grands coups de crédits d'impôt, ce que n'ont pas manqué de remarquer les studios britanniques, qui demandent aujourd'hui à leur gouvernement d'emboîter le pas.

En partie à cause de la récession, les crédits d'impôt sont devenus le nerf de la guerre pour les producteurs de jeux vidéo. L'ouverture d'un studio à Toronto par le géant français Ubisoft, qui entraînera la création de 800 emplois sur 10 ans, en témoigne. " Notre société est extrêmement sollicitée partout dans le monde. Les incitatifs fiscaux ont compté dans la décision finale [de s'établir à Toronto] ", confirme Yannis Mallat, PDG d'Ubisoft Montréal et, bientôt, d'Ubisoft Toronto.

En fait, le ralentissement semble davantage profiter à Ubisoft que lui nuire. Après tout, c'est en réaction à la culbute financière que le gouvernement ontarien a gonflé les crédits d'impôt accordés aux nouveaux venus du jeu vidéo sur son territoire. Ce sont 263 millions de dollars en fonds publics qui s'ajoutent au demi-milliard de dollars que la société française investira d'ici 10 ans.

De généreux crédits

En matière de crédits d'impôt, l'Ontario et les Maritimes sont les plus féroces au pays. Ces crédits peuvent atteindre respectivement 40 et 50 % des coûts de main-d'oeuvre, comparativement à 37,5 % au Québec, où l'aide diminue à 30 % si l'entreprise ne brasse des affaires qu'en anglais. La Colombie-Britannique offre elle aussi un crédit maximal de 30 %, selon une étude de l'Alliance interactive canadienne publiée au printemps.

C'est une situation qui inquiète l'Alliance numérique, qui regroupe les producteurs de jeux vidéo québécois. Le Québec est en train de se faire damer le pion le Canada l'a fait à la Grande-Bretagne il y a quelques mois. " Depuis un certain temps, le Québec n'a pas bougé beaucoup, et aujourd'hui on se fait dépasser par les autres régions du Canada ", constate Pierre Proulx, directeur de l'Alliance numérique, qui compte d'ailleurs rencontrer le gouvernement québécois d'ici la fin de l'été afin de tenter de le convaincre d'adopter une politique mieux adaptée à ce contexte. " Ça fait longtemps qu'on n'a pas eu une nouvelle politique numérique au Québec ", explique-t-il.

Vancouver perd des plumes et Montréal garde le moral

Au Canada, la production de jeux vidéo se répartit comme suit : 42 % en Colombie-Britannique, 32 % au Québec et 9 % en Ontario. Mais cela risque de changer, car si Toronto accueillera un nouveau studio, Vancouver, elle, verra en fermer, récession oblige. Ces derniers mois, la métropole de la Colombie-Britannique a perdu 800 emplois dans ce secteur, principalement en raison de coupes massives chez Electronic Arts.

Il faut également compter avec une baisse des ventes au détail au Canada, une première depuis 2002. Selon le NPD Group, au premier trimestre 2009, tant les ventes de consoles que de jeux ont baissé de 8,5 %, par rapport à la même période l'an dernier.

Ça ne semble pas affecter Montréal, qui traverse la crise sans trop de turbulences. " C'est vrai que ça va mal à Vancouver, des studios y ferment leurs portes, constate Pierre Proulx. Mais ici, la plupart des studios affirment être toujours en mode croissance. "

Cela dit, il ne faut pas trop s'en faire avec ces statistiques, selon Yannis Mallat, d'Ubisoft. " Le jeu vidéo est une industrie cyclique avec des périodes plus fortes que d'autres, rappelle-t-il. Il faudra voir sur une année entière s'il y a réellement ralentissement. "

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