Un marché du travail très concurrentiel... pour les employeurs

Publié le 04/02/2012 à 00:00

Un marché du travail très concurrentiel... pour les employeurs

Publié le 04/02/2012 à 00:00

Capsules vidéo, application pour iPhone, stratégies Web 2.0... Face à la concurrence qui fait rage entre les institutions financières pour recruter les talents, chacun fourbit ses armes pour attirer les meilleurs candidats.

«Le marché est plus aux employés qu'aux employeurs», reconnaît Laurent Vorelli, directeur CRHA d'Adecco professionnels, spécialisé dans le placement des professionnels de la finance et de la comptabilité. L'agence enregistre à peu près le même nombre de candidatures par poste offert. Elle a eu davantage de postes en finance et en comptabilité en 2011, mais le nombre de candidats qualifiés qui ont postulé ces emplois en 2011 a baissé de 10 %. «On a donc moins de choix parmi les candidats qualifiés pour davantage de mandats à pourvoir», dit M. Vorelli.

C'est donc à qui aura la meilleure image, offrira les meilleures perspectives de carrière et les conditions de travail les plus alléchantes, des critères déterminants pour les générations X et Y.

Ces exigences obligent les employeurs à se remettre en question. «Les assurances constituaient une industrie mal aimée et méconnue. Il a fallu qu'on multiplie les initiatives pour séduire les candidats qui sont attirés vers les grands pôles financiers comme Toronto ou Montréal», témoigne Gilles Juneau, directeur général du Centre de développement en assurances et services financiers (CDASF), qui représente les 11 compagnies d'assurance installées dans la région de Québec.

Recrutés sur... LinkedIn

Le Mouvement Desjardins, qui devra composer avec 2 000 départs à la retraite d'ici 2015 - principalement dans les professions de la finance -, déploie beaucoup d'effort pour engager des talents. «Comme dans ces métiers on recrute beaucoup de gens d'expérience, la moyenne d'âge est plus élevée qu'ailleurs [NDLR : 44 % de personnes âgées de 45 à 64 ans, selon Emploi Québec]», explique Louise Grégoire, directrice principale, stratégies, recrutement et dotation au Mouvement Desjardins.

Dès 2009, le Mouvement était présent sur les réseaux sociaux, dont LinkedIn, qui a déjà permis l'embauche d'une dizaine d'employés.

Mais la stratégie la plus porteuse reste le bouche à oreille. «Nos meilleurs ambassadeurs sont nos employés», dit Catherine Rousseau, conseillère principale, stratégies de recrutement et visibilité chez Desjardins. Les employés qui ont recommandé des professionnels finalement recrutés sont récompensés en espèces sonnantes et trébuchantes, à hauteur de 1 500 $, voire plus !

À l'étranger aussi

De son côté, la Banque Nationale, qui emploie 18 000 personnes, compte utiliser sa bonne image pour rallier les bons éléments. «Nous figurons pour la septième année consécutive au palmarès des 50 employeurs de choix au Canada de la firme Hewitt et associés», dit Anne-Marie Bourgeois, directrice principale, recrutement et formation à la Banque Nationale.

La concurrence sur le marché de l'emploi incite aussi les entreprises à investir dans leur service des ressources humaines et notamment dans des «chasseurs de talents». «Le marché de l'emploi étant de plus en plus difficile depuis un an, la chasse aux talents est une expertise que l'on développe», indique Mme Bourgeois. Ainsi, la Banque Nationale emploie 21 recruteurs et 2 spécialistes de l'attraction (mise en place de stratégies pour attirer les candidats) et bientôt 3 chasseurs de talents. Le Mouvement Desjardins, qui compte 43 000 employés, comprend 150 conseillers en prospection de talents.

Mais si la concurrence est forte au Québec, «elle n'est pas uniquement montréalaise», dit Frédérick Charette, premier vice-président, gestion des talents et développement organisationnel à la Caisse de dépôt et placement du Québec. «Les experts que nous cherchons à recruter sont très mobiles. De fait, lorsque des employés de haut niveau quittent la Caisse, c'est souvent pour aller travailler ailleurs au Canada ou dans le monde.»

+ 1,6 % Taux de croissance annuel moyen de l'emploi dans le secteur de la finance, des assurances, des services immobiliers et de location, de 2011 à 2015, selon Emploi Québec, par rapport à 1 % pour l'ensemble des autres secteurs.

... PARTOUT AU QUÉBEC

> 60 % des emplois dans la région de Montréal

> 26 % dans les autres régions

> 14 % des emplois dans la région de Québec

Source : Grappe Finance Montréal

BAROMÈTRE DE L'EMPLOI

Demandés : analystes financiers, planificateurs financiers, gestionnaires de risque, vérificateurs internes.

Ralentissement de la demande : vices-présidents aux finances, directeurs et contrôleurs financiers, chargés de projet de systèmes financiers, analystes d'affaires, analystes financiers à la trésorerie.

Sources : Adecco, IQPF

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