Pourquoi Bombardier réussit en Chine

Publié le 11/06/2011 à 00:00

Pourquoi Bombardier réussit en Chine

Publié le 11/06/2011 à 00:00

Par François Normand

Aéroport international de Hongqiao, fin avril. Après les excuses du personnel, le vol d'Air China décolle pour Beijing, avec un retard d'une trentaine de minutes. À cause d'un problème technique ? Que non ! Simplement en raison d'un bouchon de circulation sur le tarmac.

Une belle illustration de l'effervescence de la Chine, qui, pour soutenir sa croissance, a besoin d'infrastructures et de moyens de transport supplémentaires. D'ici 2021, on construira une centaine d'aéroports dans le pays. Et au cours des prochaines années, la Chine aménagera 30 000 kilomètres de chemin de fer, dont 16 000 km pour des TGV.

Pas étonnant que Bombardier Aéronautique et Bombardier Transport y soient déjà bien implantés. " La Chine est le plus important marché du monde pour notre division transport, nous explique, en français, Jianwei Zhang, président de Bombardier China. Chaque année, nous y concluons des contrats de trois à cinq milliards de dollars américains. "

Plus de 4 000 voitures de train de la multinationale sont déjà utilisées dans de grandes villes comme Beijing et Shanghaï. Le Zefiro - le train rapide de Bombardier qui peut rouler à 380 km/h - a également un bel avenir dans le pays. Dans l'aviation, cinq transporteurs régionaux comme China Eastern Airlines exploitent 32 appareils commerciaux de Bombardier. Ses jets d'affaires sont aussi très demandés. Par contre, la CSeries n'a pas encore trouvé preneur. Pour l'instant.

Sa force : une présence locale

La concurrence est vive. En aéronautique, l'avionneur se bat contre Embraer, Boeing et Airbus. Dans le transport, Bombardier affronte des sociétés d'État chinoises ainsi que les géants européens Alstom et Siemens.Pour se démarquer, surtout dans le transport, Bombardier mise sur sa présence locale : usines, vendeurs, entrepôt, ingénierie et siège social à Beijing.

" Nous sommes le seul fabricant étranger de matériel de transport à avoir des usines ici, insiste fortement Jianwei Zhang. Les Européens veulent s'implanter, mais ils n'ont pas encore les autorisations voulues. " Le géant québécois est ainsi plus près de ses clients et plus concurrentiel sur le plan des coûts. Il est aussi bien vu des autorités, ce qui est essentiel dans ce pays.

La stratégie de Bombardier varie en fonction du secteur. Dans le transport, l'entreprise doit livrer ses voitures dans des délais très courts. " Les fabricants chinois sont capables de livrer des voitures quelques mois après la signature d'un contrat. À l'international, la règle est plutôt de trois ans ! " dit M. Zhang.

Dans l'aéronautique, la clé, c'est de bien connaître les besoins des clients et de nouer une relation de confiance avec eux.

Le Canadien National (CN) mise aussi sur sa présence sur place, avec cinq bureaux situés sur la côte est de la Chine. Il aide ainsi ses clients à importer ou à exporter en Chine, mais il n'y exploite pas de trains.

" Notre équipe en Chine nous permet de contrôler la qualité de nos services ", dit Sean Goff, directeur des opérations asiatiques du CN, installé à Shanghai. La demande de services logistiques devrait augmenter de 9 % par an au cours des deux prochaines années, selon les analystes de RNCOS. Le CN offre une solution intermodale complète aux entreprises chinoises et nord-américaines. Là aussi, la concurrence est vive. La Chine compte des milliers d'entreprises de logistique et de fret. Mais contrairement à ses concurrents chinois, le CN a un réseau ferroviaire en Amérique du Nord.

LE TRANSPORT EN CHINE, C'EST....

un secteur aérien en plein essor : 230 millions de passagers transportés en 2009, par rapport à 138 millions en 2005.

des investissements estimés à 100 milliards de dollars américains en 2010 pour développer le réseau de TGV, qui devrait totaliser 25 000 km de voies ferrées en 2020 (comparativement à 17 500 km en Europe).

Notre dossier sur lesaffaires.comNotre journaliste est allé en Chine. Lisez ses blogues (Les Affaires en Chine).Sur lesaffaires.com/monde/chine

Un conseil :

Les entreprises étrangères doivent avoir une présence physique en Chine. Cela permet de mieux cerner les besoins des entreprises privées ou des gouvernements (villes, provinces, ou gouvernement central) et d'y répondre plus rapidement.

Sources : Banque Mondiale, Wall Street Journal, Flightglobal, Les Affaires.

françois.normand@transcontinental.ca

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