Nouvelle ruée vers l'or... en Beauce

Publié le 20/11/2010 à 00:00, mis à jour le 29/11/2010 à 11:50

Nouvelle ruée vers l'or... en Beauce

Publié le 20/11/2010 à 00:00, mis à jour le 29/11/2010 à 11:50

Par Pierre Théroux

C'est dans le gravier et le sable de la rivière Gilbert, en Beauce, que fut découvert par hasard dans les années 1830 la première pépite d'or qui allait entraîner une première ruée vers l'or, bien avant celle du Klondike au Yukon. Les deux plus grosses pépites d'or connues, la McDonald (45 onces) et la Saint-Onge (42 onces), proviennent du secteur.


La Beauce s'apprêterait-elle à connaître une nouvelle ruée vers l'or ? Ce pays d'entrepreneurs attire ces temps-ci des prospecteurs en quête de gisements qui, jadis, ont fait briller l'économie régionale.


Ce nouvel intérêt pour l'or de la Beauce découle du prix et de la récente découverte de Bowmore, petite société dans laquelle a investi Osisko.


" Osisko avait déjà exploré la région au début des années 2000 avant d'abandonner. La découverte de Bowmore a relancé l'intérêt ", dit Jean-Pierre Thomassin, directeur de l'Association de l'exploration minière du Québec.


Au cours des derniers mois, des sociétés québécoises et canadiennes ont ainsi acquis des centaines de concessions minières essaimées dans Chaudière-Appalaches.


En avril, la torontoise Golden Hope Mines a même entrepris des travaux de forage près de Saint-Magloire, dans la région de Bellechasse. Elle a déjà réalisé plus de 12 000 mètres de forage sur une cinquantaine de trous. Des échantillons auraient démontré une teneur de 27 grammes d'or par tonne de minerai.


" Nous sommes extrêmement encouragés par la présence d'intersections de veines de quartz dans chacun des trous, dont quelques trous montrent de l'or visible. Nous avons l'intention de poursuivre notre forage, pendant que nous travaillons à définir la continuité de ce dépôt dans ce qui semble être une structure de très grande étendue ", soulignait le président Frank Candido, en août, dans un communiqué.


Le Klondike beauceron


L'entreprise, qui a ouvert un bureau d'exploration à Sainte-Justine, concentre ses efforts dans une ceinture minéralisée de 90 kilomètres qui s'étend de la rivière Chaudière jusqu'à St-Fabien-de-Panet. Elle y a acquis une propriété constituée de 472 droits d'exploration (claims), couvrant plus de 26 000 hectares.


Uragold Bay Resources s'intéresse aussi au potentiel aurifère de la Beauce. La petite société d'exploration montréalaise a acquis des droits d'exploration près de Saint-Simon-les-Mines, non loin de Beauceville. Uragold suit les traces de l'ancienne entreprise Beauce Placer Mining Company qui, en draguant la rivière au début des années 1960, y aurait extrait plus de 4 000 onces d'or.


Uragold pense aussi trouver des gisements d'or dans les Cantons-de-l'Est, où elle a récemment acquis des droits d'exploration de la propriété McDonald qui s'étendent sur plus de 425 km2 entre Sherbrooke et la frontière américaine. Les trois sites d'exploration se trouvent dans la région de Martinville, à une vingtaine de kilomètres au sud de Sherbrooke, à Saint-Edwidge et dans la région de Hereford, près du Vermont.


D'autres sociétés, dont Fancamp, Midland et Nevado, détiennent aussi des titres dans Chaudière-Appalaches.


La Beauce se targue d'avoir connu la première ruée vers l'or au Canada. On raconte que, dans les années 1830, la jeune Clothilde Gilbert a découvert une pépite d'or de 2 onces et demie en traversant la rivière Touffe de Pin, devenue depuis la rivière Gilbert. Les agriculteurs ont tôt fait de troquer la fourche pour le pic afin d'en sasser le fond.


Trente ans plus tard, nouvelle ruée, alors que des cultivateurs trouvent 72 onces d'or en une journée de travail. La nouvelle se répand rapidement et des Américains et des Européens affluent.


Depuis, la prospection aurifère s'est poursuivie sporadiquement dans les alluvions de la rivière. En 1985, la Compagnie des Gisements d'or de la Chaudière devenait propriétaire des droits miniers de Beauce Placer, mais sans succès. On estime à près de 1,5 tonne l'or extrait en Beauce au fil des ans. " S'il y a de l'or dans le fond des rivières, c'est qu'il y a une source qu'on espère trouver, dit M. Thomassin. Mais, comme l'or a pu être transporté par les glaciers, ce n'est pas certain que le gisement est en Beauce. "


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