Des titres à bon marché ne sont pas forcément une occasion de faire des gains, encore plus dans un marché baissier. Voici la mise en garde lancée par Maxime Lemieux, gestionnaire de portefeuille de Fidelity Investments, le 17 octobre à Québec lors d'une conférence organisée par les CFA de la Capitale-Nationale.
«Il peut y avoir des aubaines, mais il faut s'assurer que les entreprises ont des modèles résilients qui peuvent continuer à générer des profits, même dans la tourmente», a expliqué M. Lemieux, gestionnaire du Fonds Fidelity Frontière Nord.
Les marges de profits des entreprises sont actuellement très élevées, autant que dans les bonnes années d'avant la récession de 2008, mais le climat d'incertitude économique marque la nécessité de bien évaluer le potentiel à la baisse des titres boursiers avant d'investir.
«Si aujourd'hui un titre se négocie de 8 à 10 fois les profits et que le ralentissement économique se révèle plus prononcé que prévu, il pourrait y avoir une baisse des ventes et des marges de profits. Le profit par action diminuera alors de façon plus importante, et le titre se négociera à 15 ou 20 fois les profits», a signifié M. Lemieux, précisant qu'il était très difficile de prédire ce qui se produira au cours des deux prochaines années.
Du surplace pour la Bourse
Il estime qu'il est un peu tôt pour penser à une récession. Toutefois, il s'attend à des mouvements boursiers violents, à beaucoup de volatilité encore, selon les décisions des gouvernements en Europe, en Chine et aux États-Unis. Malgré les soubresauts, dans un horizon de cinq ans, le gestionnaire prévoit que la Bourse aura fait du surplace, comme dans les années 1970.
Les baisses marquées de l'été montrent le peu de conviction des investisseurs. De plus, le gestionnaire note que, dans ce contexte, il est plus difficile d'obtenir des rendements, même en faisant bien ses devoirs. La corrélation entre toutes les formes d'action et entre toutes les catégories d'actif a rarement été aussi forte, indique-t-il.
«Les gens discriminent moins qu'avant et ont tendance à tout liquider en même temps quand ils ont peur. Si on aime faire de la sélection de titres, c'est un peu frustrant. On a l'impression d'avoir misé sur un cheval gagnant parfois, mais quand tout le monde a peur, ce titre se fait frapper en même temps que les autres.»
Prêter plus d'attention au rendement global
La faiblesse des taux d'intérêt est un obstacle supplémentaire aux yeux des investisseurs et, pour ces raisons, M. Lemieux prête plus d'attention aux possibilités de rendement combinées.
«Il faut dorénavant prêter plus d'attention au rendement total, pas seulement le gain en capital, mais aussi le rendement en dividendes.»
Maxime Lemieux place sa confiance dans les sociétés qui possèdent beaucoup de liquidités, notamment dans les technologies. Les Apple ou Google, par exemple, ont des liquidités équivalant à 20 ou 25 % de leur capitalisation boursière.
«Ce sont des proportions de liquidités qu'on n'a pas vues depuis 20 ou 30 ans. Quand une entreprise a ce trésor entre les mains, elle peut racheter ses titres boursiers, elle est bien vue par les actionnaires, elle peut augmenter son dividende et éventuellement faire des acquisitions et faire croître son marché.»
CV
Nom : Maxime Lemieux
Fonction : Gestionaire
Entreprise : Fidelity Investments
Maxime Lemieux est gestionnaire du Fonds Fidelity Frontière Nord, dont les actifs sont de 5 milliards de dollars. Il a étudié les finances à l'Université McGill avant de joindre l'équipe de Fidelity Investments en 1996.
+ 2,2 %
Rendement de l'indice S&P 500 depuis le début de l'année. L'indice américain a rebondi de 11 % au cours du mois d'octobre seulement.
Source : Bloomberg, en date du 31 octobre
valérie.lesage@transcontinental.ca









