Maintenez le cap sur les États-Unis, suggère l'économiste Clément Gignac

Publié le 05/10/2013 à 00:00, mis à jour le 03/10/2013 à 11:13

Maintenez le cap sur les États-Unis, suggère l'économiste Clément Gignac

Publié le 05/10/2013 à 00:00, mis à jour le 03/10/2013 à 11:13

L'économiste en chef de l'Industrielle Alliance, Clément Gignac, a averti son auditoire : son optimisme à l'égard de la situation économique des États-Unis pourrait ne pas convenir à certains. Mais l'ancien ministre libéral avait une série d'arguments, le 25 septembre dernier, pour faire valoir aux CFA de Québec et à leur invité Régis Labeaume que le pays de Barack Obama est solidement engagé vers la croissance, même si sa dette approche les 100 % de son PIB.


«C'est vrai que c'est beaucoup, mais à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, ce ratio dépassait les 100 %. Il y a eu des taxes temporaires qui sont devenues permanentes, le secteur privé a pris la relève et la dette a diminué», a fait remarquer l'économiste, ajoutant que le fardeau fiscal des États-Unis reste le plus faible parmi les pays du G7, ce qui confère une marge de manoeuvre à l'administration Obama pour réduire sa dette.


D'autre part, a plaidé M. Gignac, il y a la possibilité de comprimer les dépenses militaires qui atteignent 700 milliards de dollars américains par année ; l'équivalent des 10 puissances suivantes réunies.


La dépendance amoindrie des États-Unis à l'égard du pétrole étranger est aussi un atout, parce qu'elle stimule la croissance intérieure et réduit le déficit commercial du pays. D'ici quatre à cinq ans, l'Agence internationale de l'énergie prévoit que les États-Unis deviendront le premier producteur mondial de pétrole.


«Si tu es moins dépendant du pétrole étranger, peut-être que tu vas moins te mêler des guerres au Moyen-Orient. Tant au Royaume-Uni qu'aux États-Unis, il n'y a pas trop d'appétit dans la population pour retourner là-bas jouer à la police», a souligné celui qui a été ministre des Ressources naturelles et du Développement économique sous Jean Charest.


Ce qui nourrit aussi l'optimisme de M. Gignac à l'égard d'une reprise durable aux États-Unis, c'est la diminution des dépenses publiques.


«Sous Barack Obama, les dépenses continuent de baisser, tandis que Reagan et Bush avaient continué de dépenser après les récessions. Ça donnait des reprises fortes, mais pas aussi soutenables», dit M. Gignac.


Autres facteurs favorables : la santé financière des ménages américains, soutenue par la faiblesse des taux d'intérêt, est une des meilleures observées dans les 30 dernières années. Le ratio d'endettement des entreprises est également très bas ; ce qui permet d'entrevoir une accélération des investissements.


Le secteur automobile devrait par ailleurs reprendre du tonus, car le parc auto des États-Unis est désormais âgé de 10 à 11 ans. La demande latente va bientôt devenir réelle.


Enfin, il faut aussi compter sur les gains de productivité «phénoménaux» réalisés chez l'oncle Sam au cours des dernières années.


Le huard à 0,90 $


L'Industrielle Alliance commence à ajouter des titres à revenus fixes libellés en dollars américains à son portefeuille, car elle envisage une hausse des taux d'intérêt de l'autre côté de la frontière à moyen terme et une baisse des prix du pétrole à cause du schiste, ce qui ramène la cible du huard d'ici 12 à 18 mois à 90-92 cents US, selon l'économiste.


Les banques et la techno


Clément Gignac n'entrevoit pas de récession au Canada, mais une croissance plus lente qu'aux États-Unis. Si les Bourses résistent bien à la hausse des taux d'intérêt, l'économiste encourage néanmoins les investisseurs à diversifier leur risque en ne mettant pas tous leurs avoirs dans des titres canadiens.


«Le marché boursier canadien manque de profondeur et est très dépendant des ressources naturelles. On n'a presque plus rien en technologie, alors que les technos comptent pour 15,4 % de la valeur boursière aux États-Unis», souligne-t-il.


M. Gignac recommande d'investir dans les secteurs des banques et des technos.


«Nous sommes à l'aube d'une reprise assez forte des dépenses d'investissement des entreprises. Par ailleurs, celles-ci ont moins intérêt à recourir à la délocalisation des usines qu'auparavant.»


Quant à la situation précaire des finances publiques du Québec, Clément Gignac conseille au ministre des Finances Nicolas Marceau de reporter d'un an son objectif d'équilibre budgétaire. «Pour atteindre le déficit zéro, il faudrait couper un autre milliard de dépenses, et l'économie du Québec est tellement fragile qu'on risque de retomber en récession.»

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