C'était à l'automne 2008. Quelques jours après que General Motors eut annoncé son intention de se restructurer sous la protection des tribunaux américains, je me trouvais à Drummondville, haut lieu du secteur manufacturier québécois.
La faillite possible du géant américain était sur toutes les lèvres. L'impact psychologique était énorme.
Maurice Bahl, de Fenêtres contemporaines, m'avait dit que l'annonce de GM avait eu comme conséquence de stopper les commandes parce que tout le monde avait mis les pieds sur les freins en même temps. Et il venait d'annoncer à ses 30 employés qu'il devait les mettre à pied un mois plus tôt que prévu, faute de commandes.
On se rappelle tous du résultat : l'indice principal de la Bourse de Toronto s'est retrouvé sous la barre des 8 000 points, éliminant du même souffle des centaines de milliards de dollars d'épargne, tant dans nos comptes personnels que dans nos caisses de retraite.
Heureusement, nous n'en sommes pas là . Mais l'incertitude est bien présente, comme on peut le voir sur le graphique en bas de page, qui mesure la volatilité des marchés.
Dimanche, j'ai reparlé à M. Bahl, de Drummondville. Il n'est pas encore sûr de l'effet qu'aura sur la confiance collective la décote de la dette américaine par l'agence Standard & Poors. " On est un peu en stand-by ", dit-il.
Dans ce contexte incertain, les journalistes de Les Affaires ont retroussé leurs manches pour vous offrir cette édition spéciale. Un énorme merci à l'équipe de Métro, qui a accepté de nous accueillir dans un si court délai.
Dans ce numéro, vous trouverez des explications sur la cause de cette dégringolade, mais surtout - car, c'est notre spécialité, aux Affaires - des conseils pour traverser, tant bien que mal, cette crise, qui a déjà des répercussions concrètes sur votre portefeuille.
La baisse du dollar offre un répit aux exportateurs
Outre la valeur de vos REER et de vos actions, qui est sans doute en forte baisse, il y a notre huard qui recule par rapport à la devise américaine. La crise actuelle lui a mis un peu de plomb dans l'aile. Le dollar canadien est affaibli par une baisse du prix des matières premières, le pétrole notamment.
C'est donc dire que nos exportateurs profiteront d'un huard moins fort pour vendre leurs biens aux États-Unis. Le hic, c'est que ce marché américain manque cruellement de vigueur et personne ne sait quand exactement une reprise digne de ce nom s'y amorcera.
Oui, les multinationales américaines enregistrent encore de bons profits, les trois quarts d'entre elles ont même surpassé les prévisions des analystes au deuxième trimestre. Cependant, dans plusieurs cas, une bonne part de ces bénéfices vient des marchés émergeants, encore vigoureux, mais où l'inflation pointe le bout de son nez. Et ça, ce n'est pas non plus de bonne augure.
Bref, quel que soit le secteur, quel que soit le pays où l'on investit, il est bien difficile de trouver un havre de paix par les temps qui courent. Les pages qui suivent vous offriront au moins quelques pistes de solution.
Stéphane Paquet,
Éditeur adjoint et rédacteur en chef
Groupe Les Affaires
courriel > stephane.paquet@transcontinental.ca








