Le développement durable, pour recruter et mobiliser sa main-d'oeuvre

Publié le 31/03/2012 à 00:00

Le développement durable, pour recruter et mobiliser sa main-d'oeuvre

Publié le 31/03/2012 à 00:00

Le développement durable, «qu'ossa donne» ? C'est la question que nous avons posée à deux dirigeants de PME modèles du genre. Leur réponse pourrait se résumer à ceci : «Tu y crois ou tu n'y crois pas !» Mais faites attention si vous voulez attirer les jeunes chez vous, parce qu'eux, ils y croient, à l'environnement.

«Normalement, en entrevue d'embauche, c'est le patron qui pose les questions. Mais les jeunes candidats nous interrogent sur notre politique de développement durable», affirme Pierre Dion, directeur général de Précicad, une firme de service en développement de produits mécaniques et qui fabrique aussi, à Sept-Îles, des petits véhicules électriques spécialisés. Précicad est conforme à la norme environnementale ISO 14000 depuis 2003.

«L'environnement est une valeur importante pour les jeunes, et une entreprise qui a une politique en ce sens possède un avantage sur les autres quand elle veut recruter des jeunes», estime aussi Gilles Blais, président de PréciGrafik, un imprimeur de Sherbrooke. La PME, qui est membre du Groupement des chefs d'entreprise du Québec, tout comme Précicad, est accréditée FSC (Forest Stewardship Council) depuis 2007.

Quand on demande à MM. Dion et Blais si mener une politique de développement durable augmente ou diminue les coûts, ils répondent tous deux que l'aspect économique seul ne peut justifier une telle politique. «Oui, il y a des économies à aller chercher là, mais si vous ne le faites que pour cette raison, vous n'allez pas maintenir le cap longtemps», estime M. Dion.

«Ça n'a pas nécessairement réduit mes coûts, mais ça ne les a pas fait augmenter, ajoute M. Blais. Alors, si je peux aider à sauver la planète à un coût nul, pourquoi pas ?»

Des valeurs qui varient avec l'âge

Pour la même raison que prendre soin de l'environnement peut aider à attirer les jeunes, il peut aussi aider à mobiliser les employés. Mais encore une fois, le résultat peut varier en fonction de leur âge : les valeurs environnementales sont moins présentes chez les baby-boomers.

En somme, traiter la planète avec civilité est avant tout une question de valeurs et de convictions personnelles du dirigeant, du moins dans une PME. Si vous croyez encore que le réchauffement climatique est une arnaque de la gauche, il vous reste du chemin à parcourir.

«Normalement, en entrevue d'embauche, c'est le patron qui pose les questions. Mais les jeunes candidats nous interrogent sur notre politique de développement durable», dit Pierre Dion, de Précicad, qui fabrique des petits véhicules électriques.

DEUX MODÈLES DU GENRE

Précicad

Précicad emploie 30 personnes à Québec et 10 à Sept-Îles. Elle aide ses clients à penser vert. Par exemple, depuis 15 ans, elle travaille avec le fabricant Prévost Car pour réduire le poids de ses autobus.

«Environ 85 % des gaz à effet de serre produits par un véhicule le sont pendant son utilisation [15 % pendant sa construction et sa disposition en fin de vie]. Si vous réussissez à réduire son poids, les économies de carburant et les bienfaits sur l'environnement seront très intéressants», estime M. Dion.

À son usine de Sept-Îles, Précicad a réussi à éliminer 80 % des soudures à son véhicule électrique Kargo. La PME fait profiter ses clients de son expertise. Ses fournisseurs sont également choisis en fonction de leur sensibilité à l'environnement.

PréciGrafik

PréciGrafik, qui compte 40 employés, utilise 70 % de papier postconsommation (provenant directement du bac vert et non de rejets des machines). En plus, elle choisit ses équipements en fonction de leur plus faible consommation de produits chimiques et d'eau. Comme il lui est impossible d'être carboneutre, malgré toute sa bonne volonté, elle expie ses péchés en adhérant à Arbres Canada. PréciGrafik a d'ailleurs été le premier imprimeur au Canada à obtenir la certification de ce registraire. «Arbres Canada calcule nos dépenses en CO2, et nous lui versons une somme équivalente pour qu'il plante des arbres pour compenser», explique M. Blais.

Série 9 de 10

Cette série s'inspire des défis que relèveront 12 entrepreneurs dans le cadre de l'émission La Franchise, diffusée le mercredi soir à 21 h sur les ondes de V et sur vtele.ca. Les candidats, qui participent pour gagner une franchise St-Hubert Express, s'affronteront pendant 10 semaines lors d'épreuves élaborées autour de thèmes majeurs de la gestion et de l'entrepreneuriat, et que Les Affaires décortiquent pour vous. Cette semaine, le thème en vedette est le développement durable.

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