Le climat impose son rythme à l'économie

Publié le 14/09/2013 à 00:00, mis à jour le 12/09/2013 à 10:13

Le climat impose son rythme à l'économie

Publié le 14/09/2013 à 00:00, mis à jour le 12/09/2013 à 10:13

La température au Québec augmentera de deux à cinq degrés Celsius au cours du siècle. Les changements climatiques seront à l'origine d'une multitude de transformations qui toucheront l'ensemble des entreprises. Et le réchauffement global aura un effet important sur l'économie, aussi bien mondiale que québécoise.


Les secteurs tributaires des conditions climatiques subiront les changements de plein fouet. L'agriculture fait partie de ceux-ci. Le consortium scientifique Ouranos indique sur son site Internet que «le potentiel agronomique de bon nombre de cultures serait favorisé par l'augmentation de la chaleur».


En contrepartie, ce potentiel sera tributaire d'autres effets, cette fois négatifs, comme l'érosion des sols, la diminution de la disponibilité de l'eau et la présence accrue d'ennemis des cultures, comme les insectes indésirables et les maladies.


Une situation complexe qui rend difficile l'évaluation des impacts.


Moins de sirop d'érable


L'industrie du sirop d'érable en est un cas patent. Le consortium Ouranos, qui se penche actuellement sur cette question, estime que la production du délicieux liquide pourrait chuter de 15 % d'ici 2050 et de 22 % d'ici 2090. Ces résultats s'expliquent principalement par un réchauffement en avril.


«Toutefois, il ne faut pas adopter un discours alarmiste», avertit Daniel Houle, coordonnateur du volet forêts et changements climatiques chez Ouranos.


Il souligne que rien n'est «tout blanc ou tout noir» lorsqu'il est question de changements climatiques. En effet, si la température devient plus chaude en avril, cela signifie que la période de production pourrait être devancée de 12 jours en 2050 et de 19 jours en 2090.


Notons que les régions productrices situées le plus au sud - Maine, New York et Vermont - pourraient être touchées, alors que celles qui sont plus au nord pourraient voir leur production augmenter. «En ce sens, tout dépend de l'adaptation des érables à sucre», indique le biologiste.


Saison de ski écourtée


Le tourisme risque également d'être atteint. Une récente analyse menée par Ouranos et la Chaire de tourisme Transat ESG UQAM révèle que, d'ici 2020, les Laurentides et les Cantons-de-l'Est profiteront de gains économiques en été, mais devront essuyer des pertes en hiver. À elle seule, la motoneige comptera pour plus de 70 % des pertes.


«En l'absence de mesures d'atténuation et d'adaptation face aux changements climatiques anticipés, les gains estivaux risqueraient de ne pas être suffisants pour compenser les pertes hivernales, et ce, dans les deux régions», indique l'étude.


Aliments plus chers


Selon Marc Belley, directeur général de la firme d'écoconseil Tech-Ethik, l'onde de choc des changements climatiques touchera l'ensemble des secteurs. «Même les entreprises qui ne dépendent pas du climat subiront les impacts.»


Il cite l'exemple de la restauration, qui devra essuyer la hausse du coût des aliments liée aux événements climatiques extrêmes qui risque de nuire aux récoltes.


Par ailleurs, les changements climatiques amèneront leurs lots d'occasions. «Nous n'avons qu'à penser aux entreprises qui développent des technologies propres. Leur nombre augmente», souligne Gontran Bale, directeur du groupe-conseil en développement durable et gestion des gaz à effet de serre chez Raymond Chabot Grant Thornton.


Boom de la filière verte


Dans un rapport, la HSBC estime que l'économie verte mondiale pourrait représenter de 1,5 à 2,7 billions de dollars américains en 2020, soit trois fois ce qu'elle était en 2009.


S'il mise sur la filière verte, le Québec pourrait profiter de cet essor. On recense actuellement dans la province près de 1 000 organisations liées aux technologies propres, dont environ 400 entreprises innovantes et plus de 200 regroupements de recherche publique.


À cette économie émergente se greffe un contingent de spécialistes en technologies propres, efficacité énergétique et développement durable. Car l'industrie des solutions gagne en maturité.


Les grandes firmes de services-conseils présentes au Québec consolident leur filière verte, alors que des entreprises en écoconseils - de petite et de moyenne taille - unissent leurs destinées afin d'élargir leurs gammes de services.


L'objectif est comparable : accompagner les entreprises qui désirent réduire leur émission de gaz à effet de serre et leurs impacts sur l'environnement.


«Les changements climatiques servent aussi de symbole à une économie environnementale plus large», fait remarquer Marc Belley, de Tech-Ethik.


Plus sensible au cycle de vie des produits, la lutte aux changements climatiques déborde la seule réduction des émissions de GES. Elle gagne maintenant tous les secteurs d'activité, comme celui de la gestion des matières résiduelles, qui représente actuellement jusqu'à 6 % des émissions.

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