Saisissez dès aujourd'hui les occasions et les marchés que vos idées vous ouvrent. Tel est le conseil qu'adresse Guy Kawasaki aux entrepreneurs de la province qui désirent se lancer en affaires en cette période trouble, tout particulièrement dans le secteur des technologies de l'information. Guy Kawasaki, ancien gourou du Macintosh devenu un des plus réputés capital- risqueurs de la Silicon Valley, était de passage à Montréal, le 25 mars, à l'occasion de la conférence Capital Innovation, un événement pour investisseurs et entrepreneurs organisé par TechnoMontréal. C'est là que le journal Les Affaires l'a rencontré.
Journal Les Affaires - Quels conseils donneriez-vous à ceux qui voudraient se lancer en affaires en ce moment ?
Guy Kawasaki - L'entrepreneur qui veut se lancer doit le faire maintenant. Ce n'est pas le moment de travailler pendant deux ans pour sortir le meilleur produit. Il faut le lancer le plus rapidement possible. Ce produit [ou service] n'a pas à être parfait. Il n'a pas à présenter, dans un premier temps, toutes les caractéristiques que vous aviez en tête. Il convient de saisir le marché et de l'exploiter pendant qu'on le peut.
JLA - Les capital-risqueurs sont beaucoup plus sélectifs ces temps-ci quant au choix des entreprises dans lesquelles ils investissent. Quand on a la chance d'en rencontrer un, il ne faut donc pas rater sa présentation. Quelles sont les erreurs à éviter ?
G.K. - Bon nombre d'entrepreneurs qui rencontrent des sociétés de capital de risque ne font pas la moindre recherche sur cet investisseur. N'importe quelle société de capital de risque a un site Web. Ce n'est pas compliqué de savoir quel est son portefeuille d'entreprises et quelle est sa stratégie d'investissement.
À éviter aussi, les présentations Powerpoint de 60 pages qui n'en finissent plus. Il y a aussi les entrepreneurs qui prennent 15 minutes pour raconter leur vie, où ils sont nés, quelles études ils ont faites, etc. Pendant ce temps, nous, les capital-risqueurs, nous nous demandons ce que fait l'entreprise. Honnêtement, on se fiche un peu de leurs CV. Dans les 30 premières secondes, ils doivent nous expliquer ce qu'ils font.
Enfin, l'autre grande erreur de certains entrepreneurs est de chercher par tous les moyens à prouver qu'ils ont raison. Ils se sentent attaqués par les questions que nous pouvons poser. La meilleure attitude serait de prendre acte du commentaire et de dire qu'on y reviendra plus tard.
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