"La venue des étrangers nous oblige à être plus performants et à nous réinventer" - Albert Dayan, président-fondateur de Femme de carrière

Publié le 27/08/2011 à 00:00

"La venue des étrangers nous oblige à être plus performants et à nous réinventer" - Albert Dayan, président-fondateur de Femme de carrière

Publié le 27/08/2011 à 00:00

Par Marie-Eve Fournier

Vous dites qu'on ne mesure pas assez l'impact de l'arrivée massive de détaillants étrangers dans nos centres commerciaux. À votre avis, en quoi consiste cet impact ?

L'impact le plus sous-estimé est culturel. C'est malheureux de constater que nos centres commerciaux ressembleront un jour à ceux des États-Unis. L'effet sera plus fort au Québec, car, dans le reste du Canada, ils ressemblent déjà aux centres américains. Notre paysage culturel va changer et je trouve toujours dommage de l'altérer. Il faut faire des efforts pour conserver les caractères distinctifs des villes. L'autre impact est plutôt statistique. Le budget des consommateurs n'augmente pas, ou alors très marginalement. Il y a donc un transfert de devises vers les entreprises étrangères, un effet de substitution.

Trouvez-vous que les centres commerciaux déroulent trop souvent le tapis rouge aux grandes enseignes internationales ?

Il faut se mettre dans leur peau. Ils ont des comptes à rendre à leurs actionnaires et ils doivent maximiser les profits. Ils font ce qu'ils doivent faire. Quand j'ai de bons clients, je leur déroule le tapis rouge : ce qui est bon pour moi est bon pour eux aussi !

Faudrait-il combattre l'invasion des chaînes américaines ?

C'est un mal nécessaire. La venue des étrangers nous oblige, comme détaillants, à être plus performants et innovateurs, à nous réinventer. C'est bon pour les générations futures, et ça va faire du bien à l'économie. Il faut aussi voir les aspects positifs, vous savez. Les nouveaux acteurs vont aussi obliger les détaillants d'ici à maximiser leurs profits. Ils ne peuvent pas s'endormir en pensant que le Canada demeurera une forteresse. La mondialisation, il faut "vivre avec".

Les craintes des détaillants québécois sont-elles justifiées ?

Ils se plaignent, car ils sentent qu'ils devront affronter une nouvelle réalité. Le petit coussin douillet n'est plus là. Mais ça ne sert à rien de pleurnicher. Cela [L'arrivée de détaillants étrangers] nous pousse à être plus efficaces et inventifs.

CV

Nom : Albert Dayan

Fonction : Propriétaire des boutiques de vêtements Femme de carrière

Âge : "Dans le milieu de la mode, on ne dit pas son âge."

Siège social : Montréal

Nombre d'adresses : 26, toutes au Canada

Année de fondation : 1976

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