La démographie rattrape le tourisme québécois

Publié le 05/06/2010 à 00:00

La démographie rattrape le tourisme québécois

Publié le 05/06/2010 à 00:00

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En plus d'avoir à réviser ses stratégies de promotion auprès de la clientèle étrangère, l'industrie touristique devra aussi revoir ses méthodes de recrutement.

Les étudiants, qui occupent traditionnellement les emplois saisonniers et à temps partiel de l'industrie, diminuent. La population des 15-24 ans chutera de plus de 13 % d'ici 2021. Par conséquent, l'industrie touristique devra combler l'équivalent de 30 000 postes laissés vacants par cette baisse démographique, rapporte une étude menée par le Groupe IBI/DAA.

" Elle est terminée, la belle époque où les employeurs pouvaient remplacer leur main-d'oeuvre à volonté. Et c'est sûrement la meilleure chose qui pouvait arriver à notre industrie ", souligne d'emblée Adèle Girard, directrice générale du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT).

S'il est un facteur qui peut permettre au Québec de se distinguer face à la concurrence internationale, c'est bien sa main-d'oeuvre, soutient-elle. D'après cette spécialiste, il y aura toujours des marchés touristiques plus exotiques, comme Dubaï. Et de continuer à miser sur la nature et l'environnement pour vendre le Québec ne fonctionne plus. Bien des pays dans le monde disposent d'un environnement exceptionnel. " Notre seul moyen de faire la différence demeure notre capacité à montrer qu'on aime ce qu'on fait. D'où l'obligation de bien recruter et former le personnel ", indique-t-elle.

Pour cela, il faudra commencer par valoriser davantage les carrières en tourisme. " Actuellement, le Québec compte beaucoup plus d'entrepreneurs que de gestionnaires qualifiés ", soulève Michel Archambault, directeur de la Chaire de tourisme Transat à l'ESG UQAM. Seulement 3,5 % des emplois en tourisme sont comblés par du personnel ayant une formation de niveau universitaire. C'est trois fois moins que l'ensemble des secteurs au Québec. Ce qui explique en partie un revenu moyen de 21 500 $, soit 61 % du revenu moyen de l'ensemble de la population.

En attendant, l'industrie touristique doit revoir ses exigences. " Inutile de vouloir arrimer le calendrier scolaire à la haute saison touristique, qui s'étale désormais jusqu'à la fin de septembre. Les jeunes préfèrent travailler régulièrement à l'année plutôt qu'intensivement l'été ", poursuit Mme Girard.

Sa solution : l'industrie doit se tourner vers un autre bassin de main-d'oeuvre, soit la population de 50 ans et plus. Outre leur bagage de connaissances et des qualités très recherchées par l'industrie, ces travailleurs d'expérience sont de plus en plus nombreux à rechercher un travail à temps partiel. Compte tenu du fait que la clientèle de l'industrie touristique vieillit elle aussi, les clients seront sans doute très heureux d'être reçus et servis par des personnes de leur génération.

60 %

Pourcentage des emplois saisonniers et à temps partiel dans l'industrie touristique au Québec.

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