Kollontaï met le cap sur les États-Unis

Publié le 12/01/2013 à 00:00

Kollontaï met le cap sur les États-Unis

Publié le 12/01/2013 à 00:00

Après des mois de préparation, le fabricant de prêt-à-porter féminin Kollontaï commencera à vendre ses vêtements aux États-Unis. Une stratégie dictée par la nécessité de garder ses fournisseurs de tissus, qui veulent brasser des affaires avec de gros clients.

«Il faut continuer de croître à l'international pour garder nos fournisseurs en Europe et en Asie», dit le chargé de projet Jean-Philippe Côté, en nous faisant visiter les ateliers de la PME, qui manufacture ses vêtements (d'hiver et d'été) dans le quartier centre-sud, à Montréal. L'autre possibilité aurait été de réduire la taille de l'entreprise et de changer de fournisseurs.

«On croit à notre projet, on est motivé, on y va !» lance Jean-Philippe Côté, un sociologue de formation qui a une maîtrise en gestion.

Kollontaï, c'est la griffe de la designer Gabrielle Tousignant, qui a fondé son entreprise dans son appartement, en 1998. Elle tire son nom d'Alexandra Kollontaï (1878-1952), une femme politique communiste et féministe russe. La PME montréalaise emploie aujourd'hui une vingtaine d'artisans, surtout des couturières.

Pour distribuer ses vêtements sur le marché américain, l'entreprise a engagé à forfait trois agents commerciaux, un pour chacune des régions visées : la Nouvelle-Angleterre, le Midwest et la côte Ouest.

Kollontaï vendra ses robes, ses tuniques et ses jupes dans des boutiques indépendantes, soit la même stratégie que celle qui est adoptée au Canada.

Avec ses vêtements de «haut de milieu de gamme», Kollontaï cible des femmes âgées de 35 à 45 ans, professionnelles mais dont les carrières s'exercent en dehors du monde des affaires (Jean-Philippe Côté qualifie le look Kollontaï de «décontracté et original»). Par exemple, des femmes oeuvrant dans les secteurs de la santé ou de l'éducation.

L'entreprise voit grand sur le marché américain, à son échelle. «Si nos vêtements étaient vendus dans 50 points de vente, ce serait un immense succès», dit Jean-Philippe Côté.

Au Canada, Kollontaï est présente dans une centaine de boutiques, aussi bien dans les milieux urbains que dans les régions éloignées. L'entreprise dit ne pas avoir vraiment de concurrents directs aux États-Unis, hormis l'espagnole Desigual.

Un défi de production

Cette aventure aux États-Unis n'est pas sans risque. La PME devra être capable d'ajuster sa cadence de production à la demande du marché américain. «Il faut être capable de livrer la marchandise», souligne Jean-Philippe Côté. L'entreprise fabrique 3 000 articles par mois, et sa marge de manoeuvre est déjà mince. Sa percée aux États-Unis l'oblige actuellement à retarder l'approvisionnement de certaines boutiques au Canada.

Malgré tout, Kollontaï rêve déjà d'exporter en Europe. «Nous y vendrons nos vêtements d'ici 2015», assure la designer Gabrielle Tousignant, qui s'est jointe à nous durant la visite. La PME s'intéresse surtout à l'Allemagne, moins touchée par la crise qui sévit sur le Vieux Continent.

LinkedIn: http://ow.ly/eydGl

@la_monde @francoisnormand

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