Favoriser la réussite des jeunes

Publié le 23/02/2013 à 00:00

Favoriser la réussite des jeunes

Publié le 23/02/2013 à 00:00

L. Jacques Ménard : «Quel rôle peuvent jouer les entreprises pour favoriser la persévérance et la réussite scolaires ?»

Au Québec, 30 % des jeunes célèbrent leur vingtième anniversaire sans avoir obtenu l'équivalent d'un diplôme secondaire. De quoi inquiéter la société en général et les entreprises en particulier.

Le milieu des affaires a toutes les raisons de prendre au sérieux le problème du décrochage scolaire. «Évidemment, c'est sa main-d'oeuvre de demain : il est plus intelligent et plus simple de faire en sorte que les prochaines générations soient bien formées plutôt que d'aller chercher de la main-d'oeuvre ailleurs», explique le professeur à HEC Montréal, Jacques Nantel.

Mais la persévérance scolaire est aussi un enjeu qui semble toucher les entreprises au-delà de leurs intérêts propres. Le Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires a remis en mars 2009 un plan qui propose 10 actions concrètes à mettre en avant pour favoriser la persévérance scolaire.

Limiter le travail des jeunes

L'une de ces mesures invite le milieu des affaires à valoriser auprès des jeunes l'éducation et la persévérance scolaire. «Personne n'a avantage à tirer sur une fleur avant qu'elle n'ait fini de pousser, estime Jacques Nantel. Les entreprises peuvent agir de manière responsable, en limitant le temps de travail des jeunes qu'elles embauchent pendant qu'ils sont encore à l'école».

Directrice générale du Réseau réussite Montréal, une instance régionale de concertation sur la persévérance scolaire, Andrée Mayer-Périard est aussi de cet avis. «Les études démontrent que, si le jeune a le sentiment que son travail nuit à ses études, il aura tendance à les abandonner. Si l'employeur juge que ce n'est pas important, le jeune aussi pensera que ce n'est pas important», dit-elle.

Dans les Laurentides, le programme Équité mis sur pied par les Partenaires pour la réussite éducative dans les Laurentides (PREL) sensibilise les employeurs de jeunes aux conséquences du travail sur la réussite scolaire et délivre un certificat aux employeurs qui y adhèrent. On leur fournit un calendrier scolaire et on les incite à tenir compte des périodes d'examen, à limiter les heures de travail des jeunes apprenants et à promouvoir l'assiduité scolaire. Selon le plan d'action Savoir pour pouvoir, ce genre d'initiative aurait avantage à être élargi à l'ensemble des commerces de détail de la province, puisqu'il touche trois facteurs ayant une incidence directe sur le taux de décrochage.

Une cause sociale

Mais il n'y a pas que par la conciliation travail-études que les entreprises peuvent faire leur part pour contrer le décrochage scolaire. «Par la philanthropie, les entreprises s'investissent énormément dans cette problématique», reconnaît Andrée Mayer-Périard, dont l'organisme est financé en partie par le secteur privé.

En effet, de plus en plus d'entreprises font de la réussite scolaire leur cause sociale principale.

Gaz Métro investit ainsi annuellement 300 000 $ dans le projet Ruelle de l'Avenir, dont l'objectif est de proposer aux jeunes de milieux défavorisés des activités stimulantes durant la période estivale.

La Fondation Lucie et André Chagnon a quant à elle décidé d'investir 25 millions de dollars sur cinq ans dans des initiatives visant à lutter contre le décrochage, grâce au programme Réunir Réussir, financé à parts égales par le Secrétariat à la jeunesse du Québec.

Parmi ces initiatives, on compte des camps d'été destinés aux enfants à risque, des programmes de dépistage dès le premier jour d'école et, chez les plus vieux, des solutions de rechange à la suspension scolaire, de façon à éviter que le jeune en danger s'éclipse du milieu scolaire à la suite d'un retrait.

Là où les entreprises peuvent encore aider, relativement au décrochage scolaire, c'est en adoptant l'approche par résultats, une façon de faire chère au milieu des affaires. La mise en place de mesures des résultats des initiatives, de façon à assurer une bonne allocation des ressources, fait partie des actions suggérées par le Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires.

SON COMMENTAIRE

Dans notre société, le diplôme d'études secondaires (DES) ou le diplôme d'études professionnelles (DEP) constitue le minimum requis pour bénéficier des outils de développement, de formation, de spécialisation dont tout citoyen aura besoin toute sa vie durant. Force est de constater qu'au Québec, nous sommes encore loin du compte. Malgré tous les efforts déployés et toutes les ressources consacrées au soutien à la persévérance scolaire, notre système d'éducation échappe, bon an mal an, presque un jeune sur trois. Dans ce contexte, la persévérance scolaire n'est rien de moins que le sauvetage de nos enfants... Une volonté de leur voir éviter les perspectives de pauvreté, d'ignorance, d'exclusion et de détresse, qui pourraient les guetter s'ils se marginalisaient en décrochant.

Source : Savoir pour pouvoir, rapport du Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires au Québec

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