Des vins québécois... du Portugal et d'Espagne

Publié le 19/11/2011 à 00:00

Des vins québécois... du Portugal et d'Espagne

Publié le 19/11/2011 à 00:00

Par Hugo Joncas

Pourquoi se contenter de vendre du vin quand on peut carrément le produire ? Des Québécois créent leurs propres vins dans la péninsule ibérique. Question de les assembler à leur goût... et de garder la part du producteur !

«Je suis un grand consommateur de vin à cause de mes restaurants. Je fais vivre plusieurs agents, plusieurs producteurs. Mais mes vins du jour, ils pourraient bien venir de ma propre production !» dit Carlos Ferreira. Le Montréalais est propriétaire du Ferreira Café, du F Bar, du café Vasco de Gama... et de 10 hectares de vignes dans le Douro, la région viticole la plus réputée de son Portugal d'origine.

«Je suis fier d'être maintenant propriétaire d'un vignoble, mais je le fais avant tout pour des raisons commerciales, dit-il. C'est un investissement très logique. Ça va se payer rapidement.»

Le restaurateur a déjà fait produire et a importé deux cuvées de son vin, le F, en 2008 et 2009. Mais en 2012, il le fera à partir de ses propres raisins touriga nacional et souzão, cépages typiquement portugais. D'ici quelques années, il prévoit capsuler environ 45 000 bouteilles.

En Espagne, l'exportatrice d'origine québécoise Nathalie Bonhomme s'est aussi mise à la production d'un vin mariant monastrell et cabernet sauvignon. Sa bouteille porte son nom : El Bon Homme. «Je me suis associée à un ami, Rafael Cambra, dans la province d'Alicante, dit-elle. On a fait le premier vin sur une table de ping-pong, dans un garage de sa bodega. On a fait l'assemblage à deux. Mais c'est lui le grand spécialiste. À tout moment, il devait me dire : «Nathalie, tranquila !»» La créatrice avoue avoir quelquefois besoin de se faire remettre les pieds sur terre dans le processus de création...

Nathalie Bonhomme prévoit produire 50 000 bouteilles cette année. Elle en écoulera le tiers au Québec, dans le réseau de la Société des alcools du Québec.

Avec un autre producteur, Bodegas Juan Gil, Nathalie Bonhomme a aussi conçu El Petit Bonhomme, dans la région de Jumilla. «On a fait la première cuvée l'an dernier, dit-elle. On va bientôt faire le 2011.» Celui-ci est moins destiné au Québec qu'aux monopoles de distribution de l'Ouest canadien. «C'est un bouchon dévissable... un tout autre concept.»

Le gros de son chiffre d'affaires, l'agente le fait cependant avec les vins d'autres producteurs, en grande majorité des Espagnols, qu'elle exporte dans le monde entier... mais surtout en Suède.

Elle a écoulé près de 2,5 millions de litres cette année. Une recette qui l'a bien servie. Depuis cinq ans, elle estime que son chiffre d'affaires a quadruplé, pour frôler cette année les quatre millions d'euros.

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