Des gens d'affaires unis contre le décrochage

Publié le 09/02/2013 à 00:00

Des gens d'affaires unis contre le décrochage

Publié le 09/02/2013 à 00:00

«Le décrochage scolaire, ce n'est pas seulement l'affaire du gouvernement et des commissions scolaires ; ça concerne aussi les gens d'affaires», affirme Sophie Brochu, présidente et chef de la direction de Gaz Métro.

Nous avons rencontré Mme Brochu et Claude Chagnon, président de la Fondation Lucie et André Chagnon, à l'occasion des Journées de la persévérance scolaire, qui auront lieu du 11 au 15 février 2013. «La société québécoise n'a pas les moyens de se priver de tous ces jeunes qui s'éjectent du système, estime M. Chagnon. Et avec la pénurie de main-d'oeuvre qui va en s'aggravant, les employeurs doivent réaliser que chaque jeune qui ne termine pas ses études est un candidat de moins pour pourvoir leurs postes vacants.»

Les deux dirigeants font plus que prêter leur nom à la cause. Dans le cas de Mme Brochu, son action porte sur le projet Ruelle de l'Avenir que Gaz Métro a contribué à mettre sur pied et dans lequel la société investit 300 000 $ par année.

La Ruelle se trouve dans le quartier montréalais d'Hochelaga-Maisonneuve, où il y a beaucoup d'enfants, beaucoup de pauvreté... et le siège social de Gaz Métro.

«Dans ce quartier, bien des jeunes n'aiment pas les vacances d'été parce qu'ils n'ont rien à faire», explique la dirigeante.

La Ruelle utilise des ateliers - cuisine, médias, danse, etc. - pour faire passer la matière scolaire. Une méthode plus stimulante pour les enfants. Depuis ses débuts, en 2008, la Ruelle a accueilli 1 800 jeunes provenant de cinq écoles primaires.

La Fondation Chagnon a choisi en 2010 d'investir 5 millions de dollars par année pendant cinq ans dans des organismes luttant contre le décrochage, en collaboration avec le Secrétariat à la jeunesse du Québec, qui met le même montant. Au total, 50 M$ sont distribués dans différentes régions par le programme R², pour Réunir Réussir.

«C'est le milieu lui-même qui choisit les organismes qui reçoivent l'argent. Il doit donc faire une réflexion bénéfique pour définir ses besoins», explique M. Chagnon.

Mesurer les résultats

La Fondation Chagnon évalue les résultats de ses interventions, une approche qui peut heurter la culture des organisations charitables. «Si on n'évalue pas les résultats, on peut répéter la mauvaise affaire pendant des années, affirme M. Chagnon. Et quand les gens d'affaires voient des résultats, ils embarquent.»

La formation des travailleurs manuels a été dévalorisée au profit de l'enseignement universitaire. Avec comme conséquence que le Québec manque de ces travailleurs aujourd'hui. M. Chagnon et Mme Brochu souhaitent que les employeurs contribuent à revaloriser cette main-d'oeuvre.

«Si tu fais travailler un jeune de nuit la veille d'un examen ou si tu le fais travailler plus de 30 heures par semaine, tu passes le message que l'école, ce n'est pas important», explique M. Chagnon.

«Il faudrait aussi que les gens arrêtent de penser que, si une entreprise s'engage dans un projet social, il doit y avoir quelque chose là-dessous», ajoute Mme Brochu.

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Notre dossier sur lesaffaires.com

Visionnez l'entrevue avec Sophie Brochu et Claude Chagnon

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