De l'aide pour financer la commercialisation

Publié le 01/12/2012 à 00:00

De l'aide pour financer la commercialisation

Publié le 01/12/2012 à 00:00

«J'ai manqué d'argent dans le moment le plus difficile : la précommercialisation. J'ai bien cru que j'allais devoir fermer boutique», dit Michel Tétreault, propriétaire de Frygycube, qui commercialise un système écologique et innovant de réfrigération pour camions de livraison de produits alimentaires. «On a dû stopper l'activité de la société de temps en temps, quand l'argent manquait», ajoute-t-il.

De l'aide et du financement pour les entreprises innovantes, il en existe au Québec et au Canada. Mais les sociétés se sentent souvent bien seules au moment de lancer leur technologie sur le marché. Les banques et capitaux de risque se montrent frileux. Et les régimes d'aide sont encore peu nombreux dans ce créneau.

Un désert à traverser

La grande majorité des entreprises engagées dans les technologies propres ont reçu, un jour ou l'autre, un ou plusieurs types d'aide financière sous différentes formes. Cependant, la quasi-totalité d'entre elles avouent avoir connu des passages à vide ou avoir failli mettre la clé sous la porte. Même si leur innovation était prometteuse.

Le problème : l'aide vient en abondance au moment de la R-D. Les capitaux de risque prennent le relais une fois la commercialisation bien amorcée. Mais entre les deux, c'est le désert, surtout pour les plus petites entreprises.

Or, les phases de précommercialisation et de commercialisation sont très coûteuses. «Souvent, les entreprises ont beaucoup dépensé dans la R-D, mais elles doivent investir autant, voire davantage, pour commercialiser leur innovation, et là, elles n'ont plus d'argent», explique Valérie Gauthier, directrice, communication et marketing, du Centre d'excellence en efficacité énergétique (C3E).

Outre celui du C3E, d'autres fonds voient le jour, comme ceux mis en place par Sherbrooke Innopole pour attirer des entreprises. Certains fonds de capitaux de risque ont aussi investi ce créneau pourtant risqué, comme Cycle Capital Management, doté de 122 millions de dollars.

Pour passer au 2.0

Certaines entreprises décident de mettre sur le marché une première version du produit, quitte à la perfectionner par la suite. C'est ce qu'a fait le fabricant de chaudières alimentées à la biomasse Biofour. «Nous sommes très vite entrés en phase vente avec une version 1.0 de notre produit afin d'assurer la trésorerie, explique Marilou Cyr, directrice marketing de l'entreprise. On améliore ensuite peu à peu le produit en proposant la version 2.0.» Cette stratégie a permis à la petite entreprise familiale de traverser la phase de précommercialisation, faute d'avoir trouvé de l'aide sur le marché financier, dit la directrice.

Car cette étape de la chaîne de conception et de fabrication d'une technologie propre est très à risque. C'est bien pour cela que les fonds classiques de capitaux de risque se montrent frileux à soutenir ces entreprises à ce moment-là.

«On nous demande des chiffres de vente pour obtenir des capitaux. Mais c'est justement pour vendre notre technologie qu'on a besoin de leur investissement. Après, quand on aura conclu des ventes, on n'en aura plus besoin», déplore Michel Tétreault, qui a vécu une autre déconvenue financière, quand il a dû renoncer aux 500 000 $ promis lors de son passage à l'émission Dans l'oeil du dragon sur Radio-Canada, car sa fille travaille pour la société d'État, ce qui a été considéré comme une irrégularité.

En vue d'améliorer la chaîne de financement, Écotech milite pour que le gouvernement prolonge les crédits d'impôt, offerts au moment de la phase de recherche et développement, afin que les phases de précommercialisation et de commercialisation puissent en bénéficier.

Les crédits d'impôt ont l'avantage de s'adresser à toutes les entreprises, alors que les fonds régionaux ou spécifiques à un secteur d'activité, bien que très utiles, ne concernent par définition que certaines sociétés.

Andrée-Lise Méthot, associée principale de Cycle Capital Management, considère pour sa part que c'est surtout au moment de l'expansion, une fois la commercialisation bien entamée, que les besoins sont les plus criants.

«Pour concurrencer les fonds américains, il faudrait un joueur qui connaisse bien le secteur, qui a les reins solides et qui puisse investir dans les entreprises à coup de 15 à 25 M$. Si nos fonds sont trop réduits, on sera mal positionnés», prévient-elle.

131 Nombre de sociétés de technologies propres canadiennes enregistrées à la Bourse de Toronto et à la Bourse de croissance TSX. | Source : Bourse de Toronto

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