Six autres raisons de faire le ménage

Publié le 01/01/2009 à 00:00

Six autres raisons de faire le ménage

Publié le 01/01/2009 à 00:00

Par Daniel Germain

Une forte tendance au ménage et à l'organisation se manifeste au sein des entreprises et parmi leurs cadres. Elle s'appuie sur l'idée solidement ancrée que faire place nette rend plus efficace. Je vois pourtant autour de moi des personnes désordonnées qui font preuve d'une efficacité que j'envie, moi qui suis un homme organisé. L'article de notre collaboratrice Marie-Eve Cousineau m'amène à une prise de conscience accablante : je ne m'organise pas pour être plus efficace.

Je suis un ordonné "procrastinateur". J'ai parfois tendance à faire du ménage pour ne pas faire autre chose. En effet, il m'arrive de vider ma bibliothèque et de l'épousseter parce que je n'ai pas envie de faire une tâche que je repousse depuis 10 jours.

Je suis ordonné par hygiène mentale. Contrairement à bien des gens, j'aime accomplir les tâches ménagères. Laver la vaisselle, passer l'aspirateur ou faire de la peinture me libèrent l'esprit. J'éprouve le même sentiment lorsque je trie les 50 magazines, dossiers et feuilles volantes qui couvrent mon bureau le vendredi.

Je suis un ordonné esthète. Un peu à la manière de Martha Stewart, je trouve ça plus beau quand mes stylos sont savamment disposés dans le récipient prévu à cet effet et que mes dossiers sont bien alignés sur mon bureau.

Je suis un ordonné superficiel. J'ai l'air bien organisé, mais le fonctionnement de mon système est assujetti à ma discipline erratique. Je ne fais pas le ménage autour de moi pour être plus efficace, mais pour avoir un sentiment de contrôle. Le désordre déteint sur mon humeur. Je dirais même sur ma propre estime. Dans un environnement qui ressemble à un cloaque, je me sens comme un déchet.

Je suis un ordonné "aspirationnel". Autrement dit, je voudrais l'être davantage. À preuve, j'ai des crises épisodiques d'organisation au cours desquelles je perfectionne mes systèmes de classements et de listes. J'élabore alors un nouveau code de couleurs pour ma liste de tâches sur mon ordinateur et je harcèle notre adjointe pour qu'elle m'imprime des étiquettes afin d'identifier mes dossiers. Une personne le moindrement perspicace remarquera à quel moment j'entre dans une telle phase. Mon bureau est plus dégagé que d'habitude, mon rangement est différent, et je cite David Allen, le gourou du classement.

Ma conclusion : on se leurre de vouloir imposer le ménage pour accroître la productivité de son organisation. On peut très bien être organisé sans gagner une once de productivité.

daniel.germain@transcontinental.ca

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